Bilan de la récolte de blé 2001 : (10/09/2001)
Des qualités de blés très variables, conséquence d'une météo capricieuse avec des quantités de pluies très importantes, des grandes variations de températures par rapport aux moyennes historiques qui nous obligent à une très grande vigilance dans la sélection des approvisionnements. Toutefois, dans cette grande diversité nous avons pu isoler des variétés et des origines de blé chez nos partenaires fournisseurs qui garantiront la qualité de nos farines pour cette année.
La collecte est en fort recul sur Ie marché français ainsi que sur le marché mondial alors que la consommation mondiale augmente chaque année. C'est donc une année charnière pour le marché du blé qui voit s'installer une tendance lourde à la hausse.
Une diminution des quantités de blés acceptables pour le travail en boulangerie Artisanale impose aux meuniers une sélection rlgoureuse des lots mis sur le marche :
- Le rendement des récoltes a été plus faible qu'en 2000
- Les blés panifiables ont été récoltés en moindre quantité.
- Certaines variétés ne seront pas utiIisées cette année.
En panification :
Les boulangers devront se montrer très vigilants sur leurs différentes livraisons de farines. Les pâtes manquent de lissage, l'hydratation est en baisse, les pâtes ont beaucoup d'élasticité au façonnage, les grignes ont tendance à se déchirer, le volume des pains est en baisse. L:autolyse devra être maniée avec précaution. En effet, tous les blés ne supporteront pas cette méthode au risque de casser le réseau de gluten. Il serait préférable d'augmenter les temps de détente, de moins serrer au façonnage. Attention à la coloration des pains car certains lots ont germé !
BILAN du BLE TENDRE ONIC (Format PDF)
Bilan de la récolte de blé 2001:
Elle ne sera à l'évidence pas à la hauteur des ambitions que les opérateurs français pouvaient légitimement nourrir depuis que le prix européen permet d'exporter au cours mondial. La production est en baisse de 13,4% à 31,1 millions de tonnes. "C'est suffisant pour garantir l'approvisionnement des marchés traditionnels en Afrique et à Cuba", dit l'Onic (Office national interprofessionnel des céréales). Cela ne le sera pas pour saisir les nouvelles opportunités de marché dégagées par la baisse du prix du blé communautaire. Une coïncidence malheureuse et décevante, que compliquerait encore une évolution défavorable de la parité euro-dollar. Cela étant, la baisse du dollar provoquée par les attentats aux Etats-Unis ne sera vraisemblablement que de courte durée. Les économistes sont unanimes sur ce point.
La France prévoit exporter 5 millions de tonnes vers les pays tiers (- 14%) et 8,9 millions de tonnes sur l'Union européenne, soit 2 millions de moins qu'en 2000-2001, une campagne il est vrai historique. Le bétail aussi devra restreindre ses appétits en blé, dont seulement 5,8 millions de tonnes serviront à cet usage contre 6,8 millions de tonnes l'an passé. Une évolution qui profitera au maïs et à l'orge, dont les incorporations dans l'alimentation animale devraient augmenter. La meunerie et l'amidonnerie devraient pour leur part absorber 7 millions de tonnes de blé français.
La qualité du blé a moins souffert de l'abondance des pluies que certains avaient pu le craindre. Néanmoins le taux de protéine a baissé par rapport à l'année dernière de 11,4% à 11%, alors précisément que les importateurs sont devenus exigeants sur ce point et reprochent volontiers aux blés français de ne pas être assez riches pour la fabrication du pain. En revanche et de façon assez surprenante, le taux de blé germé (défini par l'indice de chute de Hagberg) est nettement meilleur qu'en 2000-01, affirme l'Onic, qui juge la qualité supérieure à l'an passé.
Le bilan est toutefois extrêmement hétérogène sur ce plan selon les régions. Le sud de la France est au-dessus du taux national de protéines, tandis que la Beauce est au taux moyen. Le Nord et l'Est ont sensiblement amélioré la qualité de leur production, l'ouest, qui produit du blé pour le bétail, restant bon dernier.
Dépèche du jeudi 12 juillet 2001 :
La récolte de blé française sera en baisse de 12% :
Les aléas climatiques et la diminution des surfaces cultivées sont largement responsables de la baisse importante de la récolte de blé en France cette année. Selon les dernières estimations de l'Office national interprofessionnel des céréales, elle serait de 31,6 millions de tonnes en baisse de 4,3 millions de tonnes par rapport à l'année 2000, soit un déficit de 12%, dont 5% seraient imputables à la contraction des surfaces et 7% à celle des rendements. La situation peut encore changer puisque la moisson n'a pas encore commencé. Toutefois, à ce stade, "si les quintaux ne seront pas au rendez-vous, la qualité devrait l'être, sauf événement climatique majeur", a indiqué Pierre-Olivier Drège, directeur général de l'Onic.Dans tous les pays européens, la production sera en baisse, sauf en Allemagne où on attend une augmentation. Pour l'Union européenne, le recul devrait atteindre 9 millions de tonnes, dont 3,7 millions de tonnes en Grande-Bretagne et 0,7 million en Espagne. Cette situation contribuera, selon l'Office, à l'amélioration des fondamentaux du marché, qui a traversé quatre années difficiles.
Le marché céréalier européen aborde "un basculement important" avec la désactivation des aides à l'exportation. Depuis le 2 juillet, l'Union européenne peut exporter au prix mondial, sans restitution, grâce à la baisse de 50% du prix garanti appliquée en trois temps depuis 1992, conformément à la réforme de la Politique agricole commune (Pac). Après avoir fait la conquête du marché communautaire de l'alimentation animale, "nous entrons dans une phase de conquête du marché mondial", a commenté M. Drège. L'Union européenne est désormais le premier producteur mondial de blé dans le monde, devant la Chine et loin devant les Etats-Unis, premiers producteurs de maïs. L'Onic estime que la politique de rémunération de la qualité du blé qu'elle a mise en place depuis plusieurs mois va permettre aux céréaliers français d'entrer dans "un processus de réel marketage des blés" et de "s'adapter aux différents segments de marché nationaux, communautaires et mondiaux". La France, qui a dû céder sa place de premier exportateur européen de céréales à l'Allemagne en 2000, a, en l'occurrence, une forte partie à jouer.
Dépèche du jeudi 31 mai 2001 :
Premier rapport sur la récolte de Blé 2001 :
Même si tout n'est pas joué, le potentiel des cultures d'hiver sera sans doute en recul de 10 ou 20%
Le potentiel de rendement en blé est encore difficile à estimer du fait de la très grande hétérogénéité des parcelles qui ont plus ou moins souffert de la pluie des derniers mois. Une chose est sûre, il sera en dessous de la tendance pluriannuelle : les spécialistes parlent d'une baisse de 10 à 20 % environ, voir plus dans certaines régions.
Des parcelles de blé, semées très tôt ou en sols argilo-calcaires superficiels s'en sortent bien. En revanche, les blés implantés tardivement et situés dans des parcelles argileuses gorgées d'eau ont subi des pertes importantes à la levée et verront leur potentiel amputé. Du côté des protéines, il est encore trop tôt pour se prononcer, mais en tout cas, "ceux qui auront réalisé un pilotage de l'azote risquent d'être gagnants cette année", souligne Jérôme Courty, de l'ITCF de Basse-Normandie. Le climat actuel, n'est pour l'heure, pas pénalisant. S'il perdurait au mois de juin, lors du remplissage des grains, les pénalités risqueraient alors d'être importante. La pression reste forte en septoriose dans la plupart des régions.
Du côté des orges de printemps, deux situations coexistent : les parcelles semées fin février se présentent bien, tandis que celles implantées plus tard, actuellement en pleine montaison, souffrent beaucoup du climat sec.
Les colzas ont souffert. Un recul de 10 à 20% durendement en moyenne est également attendu. Le nord de la Lorraine est particulièrement touché. Ce n'est pas le cas partout mais la pluviométrie importante, la mauvaise structure des parcelles, et parfois l'utilisation de techniques de travail superficiel du sol n'ont pas favorisé un enracinement profond des pivots. Le sclérotinia, bien que présent, a été freiné par le retour d'un temps sec.
Le retour du beau temps a permis d'achever les semis de tournesol. Les situations sont très disparates. Pratiquement aucun semis n'a pu être réalisé dans les plages optimales. Les derniers chantiers de semis de pois de printemps se sont achevés il y a quinze jours en Picardie et dans le Nord : du jamais vu !Au sud de la Loire, comme en Rhône-Alpes et dans le Sud-Ouest, ce sont déjà les fortes chaleurs qui sont à craindre. Le sclérotinia, bien que présent, a été freiné par le retour d'un temps sec. Les premiers cas d'Aphanomyces sont signalés en Picardie et en région parisienne. Le sclérotinia, bien que présent, a été freiné par le retour d'un temps sec.
Les semis de maïs sont terminés, ou presque, dans toutes les régions. Les plantes poussent actuellement très vite, mais il ne faudrait pas, là aussi, que le climat sec actuel perdure. En betteraves, les semis sont aussi terminés dans l'ensemble des régions, avec en moyenne deux à trois semaines de retard, mais certains agriculteurs se posent la question du resemis. Les orages de la mi-mai ont en effet formé une croûte de battance qui perturbe fortement la levée. L'ITB estime que le resemis est économiquement justifié si les comptages à la levée révèlent moins de 20 à 22 betteraves sur 10 m selon l'écartement. La remontée des températures favorise le développement des pucerons, vesteurs de jaunisse.
Même si les plantations de pommes de terre avaient, elles également, pris du retard, les levées s'effectuent dans de bonnes conditions. A noter cependant que certains plants ont été mis en terre déjà germés : des cassures ont donc pu se produire lors de la plantation.
En fruits, les récoltes devraient enregistrer une forte baisse, tandis qu'en légumes, les plantations ont été perturbées par les intempéries. La pénurie de produit à la période normale de commercialisation risque de se traduire par un manque à gagner pour tous les producteurs de légumes.
Enfin, la douceur de l'hiver et les précipitations du début de ce printemps ont été favorables à la pousse de l'herbe sur l'ensemble du territoire. En prairies temporaires comme en permanentes, le gain de production se situe entre 10 et 20%. Sur l'ensemble du territoire, les difficiles conditions de mise à l'herbe sont toutefois inquiétantes.