Les sucres

 


Sucres simples, complexes, rapides, lents et fibres alimentaires...

Une croyance erronée


La séparation des glucides en sucres rapides et lents a pendant longtemps été estimée superposable à la classification basée sur leur structure chimique (sucres de structure simple / sucres de structure complexe), et à la classification basée sur l'existence ou non d'un goût sucré (goût sucré => sucre rapide / pas de goût sucré => sucre lent, parfois aussi appelé sucre caché).
En fait, cette classification n'est que partiellement exacte, d'une part car certains sucres de structure simple font moins monter la glycémie que d'autres sucres simples, et d'autre part car l'organisme humain est capable de digérer très rapidement certains sucres de structure complexe avec pour conséquence une élévation très rapide de la glycémie.
Par ailleurs, lorsqu'un sucre simple est avalé, son pouvoir hyperglycémiant dépend beaucoup du contexte dans lequel il est avalé : lorsqu'il est mangé seul la montée de la glycémie est importante, tandis que lorsqu'il est mangé dans un repas mixte et équilibré la montée de la glycémie est plus faible et plus lente.
De plus, la présence de fibres alimentaires ralentit le passage, de l'intestin vers le sang, des sucres simples ou complexes présents dans les aliments.
Sucres simples, complexes, rapides, lents et fibres alimentaires... il n'est sans doute pas inutile de resituer ces différents éléments les uns par rapport aux autres.Quelle est la structure des glucides ?
Très schématiquement, la plupart les glucides sont constitués par des chaînes plus ou moins longues de particules élémentaires (structure de même type que le glycogène) et on peut les classer en sucres simples et sucres complexes selon le nombre de particules élémentaires qui les constituent (monosaccharide = une particule élémentaire, disaccharide = deux particules élémentaires, polysaccharide = plus de deux particules élémentaires).



Les monosaccharides et les disaccharides constituent le groupe des sucres simples. Ils élèvent la glycémie très rapidement (sauf le fructose), et les sucres simples sont donc à classer dans le groupe des sucres rapides.


Les polysaccharides assimilables sont des glucides que l'organisme humain est capable de digérer :
• Certains d'entre eux sont digérés rapidement et ce sont donc des sucres complexes qui sont à classer dans le groupe des sucres rapides : pommes de terre, riz, semoule, ainsi que pâtes, pain, farine et autres dérivés.
• D'autres sont digérés beaucoup plus lentement, et ce sont ces sucres complexes qui constituent le véritable groupe des sucres lents : fèves, flageolets, lentilles, haricots rouges, haricots blancs, pois cassés, pois chiches.
Les polysaccharides non assimilables, qui constituent le groupe des fibres alimentaires, sont des glucides particuliers que l'organisme humain n'est pratiquement pas capable de digérer, et qui ont des propriétés intéressantes :
• Elles ralentissent la vidange de l'estomac et freinent les mouvements de la partie initiale de l'intestin, ce qui ralentit l'absorption des glucides assimilables.
• Certaines fibres peuvent retenir jusqu'à cinq fois leur poids en eau. Il en résulte la formation d'un gel qui réduit l'absorption des glucides, et qui facilite le transit intestinal.
• Elles se combinent dans l'intestin avec le cholestérol présent dans la bile, ce qui abaisse le cholestérol sanguin.
• Elles n'apportent pas de calories.


L'apport conseillé en fibres pour la population générale est de l'ordre de 25 g/24 h, mais il n'est que rarement atteint dans notre alimentation occidentale. Les diabétiques ont donc tout intérêt à augmenter leur ration de fibres alimentaires, ne serait-ce que pour parvenir au niveau des apports recommandés aux personnes non diabétiques...

On peut retenir

La distinction sucres simples / sucres complexes fait référence à la structure chimique des glucides (nombre de particules élémentaires qui les constituent) et non à leur capacité de faire monter la glycémie.


La distinction sucres rapides / sucres lents
fait référence au pouvoir hyperglycémiant des glucides (capacité de passer rapidement de l'intestin vers le sang) et non à leur structure chimique.


La croyance selon laquelle la durée de digestion des glucides était directement liée à la longueur de leur chaîne, est fausse. La distinction sucres rapides / sucres lents doit être basée sur le pouvoir hyperglycémiant, qu'exprime l'index glycémique.


Les fibres alimentaires sont des substances particulièrement recommandées aux diabétiques, que ces fibres soient présentes dans des aliments contenant des glucides (légumes secs, fruits, légumes verts) ou en association avec des aliments contenant des glucides mais ne contenant pas ou très peu de fibres (ajout de crudités et de légumes verts cuits chauds dans tous les repas).


La digestion du pain et des dérivés de la farine, des féculents et des fruits est assez rapide.
Il faut donc toujours les associer à des fibres


Les «sucres lents» sont constitués par les légumes secs : fèves, flageolets, lentilles, haricots rouges, haricots blancs, pois cassés, pois chiches.

Diholoside non réducteur ; à l'état naturel dans betterave sucrière, canne à sucre, certaines variétés de sorgho et de maïs, sève de l'érable du Canada. Formé d'une molécule de glucose et d'une molécule de fructose dont les fonctions réductrices sont bloquées.

Formule brute : C12H22O11
masse moléculaire : 342 g/mol
Nomenclature officielle : B-D-fructofuranosyl--D-glucopyranoside.

Sous l'action de la température et du pH, le saccharose en solution s'hydrolyse en donnant du glucose et du fructose. Cette réaction, appelée inversion, n'est pas réversible (le fructose libéré change de configuration).

 


L'hydrolyse du saccharose
, appelée " inversion ", provoque la transformation du saccharose en un mélange équimolaire de glucose et de fructose. La solution obtenue prend le nom d'inverti ou de sucre inverti car le pouvoir rotatoire fortement négatif du fructose amène un changement de signe de la mesure polarimétrique. Cette hydrolyse est la réaction initiale de la plupart des séquences de réactions des sucres simples en chimie alimentaire.

L'inversion peut se produire dès les pH faibles et jusqu'à un pH de 8,5. Les réactions qui peuvent se produire après inversion du sucre (mais aussi dans les sirops de glucose et/ou de fructose) sont :


a) les réactions en milieu acide entraînent la formation de 5-hydroxyméthyl- furfural. Ce composé se décompose pour former des composés très colorés et des arômes secondaires,


b) les réactions en milieu alcalin, qui favorisent la formation d'acide lactique par voie chimique (plutôt que par fermentation) et le réarrangement du glucose en un mélange de mannose et de fructose,


c) Les réactions de Maillard : elles doivent leur nom au médecin et chimiste nancéen, Louis-Camille Maillard,


d) La dégradation thermique du saccharose et la caramélisation. La formation du mélange complexe appelé caramel est due à de nombreuses réactions, anhydres ou en milieu aqueux.


Fermentation


Comme tous les organismes hétérotrophes les levures ont besoin de carbone organique, source de matériaux et d'énergie. A cet égard, ce sont les sucres que les levures préfèrent. L'énergie est extraite des molécules de sucres lors de réactions chimiques complexes dont il existe deux grands types, la respiration et les fermentations, la première ayant un meilleur rendement mais nécessitant de l'oxygène.
Les levures possèdent d'étonnantes capacités d'adaptation. Lorsqu'il y a de l'air, elles respirent, lorsqu'il n'y en a pas elles fermentent. De plus, elles peuvent non seulement s'adapter à l'absence d'oxygène, mais aussi au type de sucre disponible. Ainsi, si le glucose est leur aliment préféré, en son absence elles savent utiliser d'autres sucres comme le saccharose ou le maltose. Le fonctionnement de toute cellule obéit à un principe d'économie.

Pour utiliser un sucre, la cellule doit fabriquer toute une série d'enzymes spécifiques et, parallèlement, elle ne doit pas produire inutilement les enzymes correspondant à des sucres absents du milieu. Leur fabrication gaspillerait de l'énergie en pure perte.


Ainsi, lorsque l'on donne du glucose aux levures, elles ne fabriquent pas les enzymes nécessaires à l'utilisation du saccharose ou du maltose. Ces phénomènes résultent d'un contrôle s'exerçant au niveau des gènes codant les enzymes du métabolisme des sucres.

En présence de glucose, les gènes codant les enzymes nécessaires à l'utilisation du saccharose ou du maltose sont réprimés par un signal chimique intracellulaire et les enzymes qu'ils codent ne sont pas fabriquées. On parle alors de répression catabolique.
Inversement, si unsucre différent du glucose est fourni, un autre signal chimique intracellulaire déclenche la mise en activité des gènes correspondants.
C'est l'induction enzymatique, nécessaire pour que la levure consomme du saccharose.