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PROPOSITION DE COURS |
| Montrer le simple mélange de farine et eau Commentaires: Plutôt que les ingrédients d’une recette, c’est l’état fermentaire du mélange farine-eau qu’il faut apprécier. C’est une méthode de culture de ferment qui se réalise. Propositions pratique de matériel démonstratif : (voir 0.2.2 et 0.2.1.) Montrer le diaporama de l’élaboration du levain-chef (voir adresse en fin de texte) |
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I.1. Faire remarquer qu'après l'obtention du levain-chef, cela peut être parti pour longtemps. Il n'est plus nécessaire de recommencer cette opération d'élaboration d'un nouveau levainchef, si du moins on prend bien soin du levain-chef (voir chapitre III. Conservation du levain-chef). Certaines boulangeries pratiquant la panification au levain, entretiennent leurs souches depuis des années. Un des records connu de longévité de levain-chef est celui de la boulangerie Boudin à San Francisco dont le pied de souche date de plus de 150 ans, Voir ci-contre et http://www.boudinbakery.com |
| I.2. Autre commentaire important, avec le levain, on se retrouve plus avec un type de fermentation comme avec l'ensemencement levure. En plus de la fermentation alcoolique (production de gaz carbonique et alcool), il existe une fermentation lactique (production d'acides lactique et acétique) par les bactéries lactiques présente dans la microflore du levain. Il faudra aussi gérer cette production d'acides de manière à ce qu'elle corresponde à votre attente. |
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I.3. La proposition pratique de matériel démonstratif 0.2.1. peut se commenter avec ce tableau ci-contre, tiré d'un dictionnaire de nutrition . Il montre que la farine de froment intégrale (100 % en taux d'extraction) contient plus d'éléments minéraux. Ceux-ci ne sont pas si facilement dégradé que l'amidon (65 % à 75 % en taux d'extraction, ils font comme une barrière à l'hydrolyse. |
| I.4. Le choix de la farine servant à élaborer la culture d'un nouveau levain-chef est important aussi. Certains vont même jusqu'à utiliser de la farine de seigle qu'il considère plus riche en ferments. En fait c'est la farine intégrale (de préférence; issus de l'agriculture biologique), qui contient plus de germes «startant» plus aisément la fermentation à faire naître. |
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I.5. La culture puis l'autofermentation du blé est une suite de sélection de microflore suivant l'adaptation de ceux-ci au milieu. Au début, sec et aéré, les bactéries aérobies (vivant à l'air) et les moisissures seront à l'aise. Après dans le milieu pâteux les bactéries lactiques (anaérobie = sans air) engendreront suffisamment d'acides organiques pour éliminer les pathogènes tout en permettant aux levures dites «sauvages» ou du levain, de survivrent |
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I.7. La spécificité fermentaire du levain peut assez vite se perdre, lorsque l'on intègre de la levure de boulangerie dans le mélange pâteux et que l'on retire de cette pâte, la part destinée a être le levain-chef. La levure de boulangerie est un concentré de microorganismes (12.000.000.000 ou 12 9 de cellules au gramme). Le levain, mélange pâteux, contient de 10 à 100 fois moins de cellules. Et dans ce nombre de microorganismes, les levures ne prennent que 1/50ème. Ainsi, dès que l'on dépasse l'ensemencement de 0,2 % de levure au kilo de farine, on risque de dominer la fermentation de la pâte par le nombre de cellules de levures supérieur à ce que développe une auto-fermentation |
| I.8. Bien que l'élaboration personnelle d'un levain-chef est un vécu que l'on souhaite à tous. Il faut signaler qu'il existe sur le marché des produits pour élaborer un levain-chef. Pour une approche professionnelle de ces produits, il convient de discerner les types de produits proposés. Les «starters» sont composés le plus souvent de culture pure de microorganismes avec un taux d'ensemencement de population microbienne permettant de s'imposer par le nombre (entre 108 et 109). Pour autant que la conservation lors de la commercialisation du produit se réalise correctement. Les levains séchés, subissent généralement la dessiccation sur claie et à froid. Ils ont moins de microorganismes (1.000 fois inférieure au moins). Du coup, à part le départ sur une souche ayant déjà subi les fermentations préparatrices, ils ont l'équivalent en chiffres de cellules de ce qui se dénombre dans une farine (mais plus propre au milieu pâteux et acide). |
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I.9. La microflore des levains recensés de
par le monde est toujours composée de
bactéries lactiques et de levures. Le rapport entre ces deux types de microorganismes est toujours en faveur des bactéries (la moyenne est de 1 levure pour 50 bactéries). Même si elles portent le mon de «Saccharomyces cerevisae», les levures ne sont pas les mêmes que les levures de boulangerie (que les recherches ont rendu très performantes en production de gaz). Elles sont même parfois appelées ; levures sauvages ou levures du levain. Bien plus que la levure de boulangerie, elles supportent l'acidité produite par les bactéries et sont dites «acidotolérantes». Dans les levains séchés et «starters», on retrouve plus difficilement ces levures typiques du levain puisqu'elles ne supportent pas bien la dessiccation à froid et les longues conservations. |
| I.10. Tableau extrait de «Du pain au levain dans 6 jours», a.s.b.l. bio-panem, octobre 1993 |
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| I.11. Levain & H.A.C.C.P. en Allemagne. |
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II.1. Le rafraîchi, permet de jongler entre les fermentations procurant la pousse gazeuse (les levures) et les fermentations apportant le goût acidulé (les bactéries). Dans son panel, des choix comme un jeune ou un vieux levain pour ensemencer, mais surtout une grande ou une petite proportion de levain. Le schéma précédent montre la corrélation qui existe entre dose d'ensemencement (où proportion) et temps de maturité (l'apprêt). Une fois arrivé à +/- 8 heures de fermentation, le levain s'embrique du processus de maturité dans le processus de conservation, comme si le levain tout-point redevenait lentement mais sûrement un levain-chef. Faire disparaître l'acidité du levain-chef semble être de tout temps le premier objectif, on l'obtient avec le rafraîchi. Plus on fait des rafraîchis, plus l'acidité diminue et plus la force de pousse (l'action des levures) s'améliore, mais trop de rafraîchi va jusqu'à adoucir de trop la pâte. Tout ce savoir-faire se traduira professionnellement par des méthodes de travail au levain qui s'appelle, méthode sur un levain, sur deux levains, sur trois levains, sur pâte... |
| II.2 La méthode sur un rafraîchi est la plus connue actuellement. Au début du XIXème siècle, la panification s'effectuait encore sur trois rafraîchis. Elle passera sur deux rafraîchis puis sur un rafraîchi au cours du siècle en devant résister à l'introduction concurrentielle des méthodes rapides, avec la levure et sans prépâte. Levure qui évoluera en qualité surtout vers la fin du siècle. Ce qui occasionnera aussi la disparition des méthodes au levain, sera l'évolution des conditions sociales et la lutte contre le travail de nuit. Techniquement,la méthode sur un levain permet de préparer son levain tout point en soirée et laisser celui-ci passé la nuit. Généralement ensemencé faiblement (10%) pour cette raison, le levain tout-point vivra une maturation de 8 à 10 heures. Ce qui, quelque part, apporte une plus grande latitude de travail au boulanger,puisqu'un aussi faible ensemencement de ferment. |
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| II.3. La méthode sur plusieurs rafraîchis, tout d'abord sur deux rafraîchis. Elle est souvent plus conséquente en ensemencement de ferment (+/- 30 %) pour le levain tout point, ce qui rapproche en temps de maturité le tout-point de la pâte (+/-3 heures). Celui-ci se situant encore dans sa phase ascendante donnera une meilleure force de pousse et un pain moins acide. |
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| Avec la méthode sur trois levains (ou 3 rafraîchis), on dispose de trois temps de fermentation réglables. Ce dernier procédé permet ainsi de s'adapter plus aisément aux changements climatiques d'une journée entière et aux aléas du travail. Cela se pratique non seulement sur la température de l'eau de coulage mais aussi en augmentant ou diminuant les temps de maturité, tout en diminuant ou augmentant les doses de rafraîchis. Il autorise encore plus d'expression de compétence et permet encore mieux d'apporter une fermentation douce au goût avec une bonne transformation des sucres de la farine. |
| II.4. Dans des productions quotidiennes plus importante (plusieurs fournées qui se suivent de 2 en 2 heures) et exclusivement sur levain, il devient inutile de remettre en marche le processus de mise à maturité du levain-chef (sur 1,2 ou 3 rafraîchis) pour les pâtes des fournées suivantes. Comme l'on dispose avec la pâte précédente d'une possibilité d'utiliser une partie de celle-ci comme un levain toutpoint, on prépare en fonction une plus grosse quantité de pâte comprenant le levain tout-point et la pétrissée de la fournée. Ce que les anciens appelaient «pétrir levain et fournée» qui se dénomme de nos jours ; «pétrir sur pâte». Ce dernier terme deviendra parfois ambigu quand la pâte précédente est ensemencée à la levure de panification ayant détruit la spécificité du levain (voir I.7.). |
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| Comme préciser ci-avant, il s'agit de productions importantes et de journée de travail effectuée généralement à 2 personnes. Si la boulangerie effectue plus de 5 fournées successives, à la 6ème fournée, avec la même proportion d'ensemencement de levain on réalise une plus petite pâte du fait que la vie en anaérobie (sans air) ne permet pas la même dynamique de reproduction de cellules et le levain se déforce. Observation remarquée par l'expérience boulangère du XVIIIème siècle qui y prémunissait en reprenant en plus du levain de la pâte précédente, un petit levain de la 3ème pâte pour la 5ème et ainsi de suite (un petit levain de la 4ème pâte pour la 6ème). Le levain-chef pour servir d'ensemencement des cuissons des journées suivantes se retirait des premières pâtes afin d'avoir ce qu'il définissait comme «force» du levain, c'est-à-dire une acidité un peu prononcée. |
| II.5. La méthode de travail dite «sur levain dédoublé» était plutôt employée, dans les régions du Sud de la France. Cette méthode de travail reprend le principe d'utilisation d'ensemencement de pâte au levain, à l'aide de levain tout-point venant de la pâte précédente avec un apport supplémentaire de levain venant du levain tout-point de la pâte précédente, ce qui explique le terme «levain dédoublé» |
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| II.6. En Allemagne et dans les pays du seigle en général, le levain a comme fonction l'acidification calmant les fréquentes trop fortes activités enzymatique des récoltes de cette céréale plus sensible et en plus soumise à des saisons humides. C'est au point que les mots «acidification - sauerung» et «fermentation- gärung» se confondent dans les traités pratique de boulangerie allemande. Utiliser le levain comme «réserve de pâte acide» n'aura pas la même conduite, puisque arrivé à +/- 8 heures de maturité, le levain s'installe progressivement et toujours plus dans le processus de conservation par l'acide organique auto-produit. Ainsi avec la méthode dite «levain d'une semaine», un seul levain est produit pour toute la semaine. |
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| Ou on utilise un levain ayant plus de maturité (2 jours) et de ce fait on utilise deux levain-chef pour pratiquer une méthode appelée «en tandem». |
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| II.7. Les avantages nutritifs du levain sont souvent restés dans une diffusion d'information trop intimiste du fait que le procédé est peu analysé et tombé en désuétude pendant un temps. Cette longue fermentation mixte (alcoolique et lactique) permet une meilleure dégradation des aliments en nutriments, un espace de formation de multiples molécules participant à la fois au goût de la mie et à une meilleure conservation grâce aux acides produit. Le transfert des diagrammes de panification vers des phases sans pré-pâte et raccourcies (panification en 2h.30', cuisson comprise), la migration des temps de pointage (fermentation plus massive en pâte) vers la fermentation finale (en pâtons, l'apprêt) va diminuer les aspects positifs de la fermentation dans la panification. Le levain, comparativement à des fermentations fortement levurées organise une meilleure dégradation enzymatique des composants nutritionnels de la farine et apporte une bonne biodisponibilité des nutriments. L'hydrolyse de l'acide phytique en est l'exemple le plus probant parce que le plus étudié, mais le levain sait même être un instrument de lutte contre les mycotoxines et peut-être comme les nitrosamines. Son aspect d'épuration par la baisse du pH a déjà été vu par ailleurs (voir I.5. et I.6.). |
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| II.8. L'élaboration de panification au levain a bénéficié de beaucoup de recherches fin du siècle passé. Si l'on suit avec rigueur les mêmes paramètres de température, de doses d'ensemencement et de durée, la reproductibilité risque bien d'être au rendez-vous. Une approche scientifique allemande a repéré une différence entre les bactéries lactiques du levain de panification. En fermentant le glucose certaines bactéries ne produisent que de l'acide lactique, d'autres produisent aussi de l'acide lactique mais en plus de l'acide acétique. Les premières seront appelées «homofermentaires», les secondes «hétérofermentaires». L'acide acétique a un goût plus «métallisé» et vinaigre (dont c'est la dénomination ménagère), tandis que l'acide lactique est plus doux. Un paramètre de température a été préconisé pour favoriser les bactéries homofermentaires et le goût doux. C'est vers les 35°C, que les ex thermo-bactéries (ancienne dénomination des bactéries lactiques homofermentaires) sont plus à l'aise. Cette approche très scientifique doit respecter les paramètres très rigoureusement afin d'obtenir ce résultat. C'est pourquoi il ne se vérifie pas toujours dans les fournils. Voir proposition de matériel démonstratif 0.2.7. |
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| II.9. Les machines fermenteurs à levain apparaissent à la fin du XXème siècle. Un siècle avant, des tentatives d'appareil à levain n'avaient que peu séduit les professionnels, qui, il est vrai, abandonnait cette méthode de fermentation. Ces appareils se limitaient à essayer de conserver le levain dans des grandes bassines métalliques à double fond (espèce de bain-marie) où l'espace entre les deux était rempli d'eau, soit chaude, tiède ou froide, suivant la température à appliquer pour réguler la maturité du levain. Les machines fermenteurs à levain vont proposer des récipients en acier inoxydable et un contrôle de la température dans l'enceinte qui conserve le levain en intégrant un groupe frigorifique afin de descendre au froid positif (vers les 10°C). Pour être «machinable», le levain en deviendra liquide, puisqu'un transfert de corps pâteux en fermentation gazeuse est souvent problématique. L'hydratation normale d'une pâte étant de +/- 65%, ici on va jusqu'à des 200% d'eau par rapport à la farine. Le retour à une consistance pâteuse se réalise lors d'un rééquilibrage opéré à la pétrissée finale. Un point dont il faut compte lors des rafraîchis, c'est toujours le poids de la farine qu'il faut prendre en compte, c'est elle la matière fermentescible, pas l'eau. L'informatique intégré à ces machines permet des programmations qui évite certains travaux de nuit. Souvent avec ces fermenteurs à levains, un apport partiel des avantages du levain est appliqué afin de soigner la texture, le goût et la conservation du produit final. Dans ces cas, l'apport de levure au pétrin vient souvent complémenter l'usage de levain liquide. Ainsi il ne s'agit pas toujours de pâte levée par les seuls ferments naturels du levain et le résultat en sera un peu différent en termes gustatifs et nutritifs. Voir propostion de matériel démonstratif 0.2.5 |
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II.10. On parle dans ce chapitre de conduite d'un levain, Certains paramètres de pilotage de ce type de fermentation sont cernés par l'expérience des boulangers et d'autres seront étudié et parfois circonscris par la science. Les points les plus forts seront ceux qui sont à la fois le fruit de l'empirisme des fournils et l'approche vérifiée et contrôlée par les microbiologistes et autres chercheurs. Le savoir-faire de la boulangerie perçoit par sensibilité la globalité de ces potentialités de maîtrise ou recherche d'équilibre entre les divers productions des microorganismes du levain (force de pousse et acidité). Tandis que la science aura une connaissance plus partiel, mais plus reproductible et constante. L'approche des paramètres influents a été vue un peu au point II.8., en émettant une réserve sur la rigueur à avoir pour les effets de la température. L'identité microbiologique du pied de souche est le premier point sans en être la priorité absolue, puisqu'on peut le transformer lentement par l'application pendant plus d'une semaine de rafraîchis différents de ceux qui l'on précédé en termes de température et type de conservation. |
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| III.2. La conservation d'un levain pour une longue durée (des semaines) peut également prendre la forme séchée comme nous l'avons vu au chapitre I.8. pour les levains séchés utilisés comme «démarreur ou starter». Il est alors nécessaire d'avoir un bon suivi étalonné parfois sur une quinzaine de jours. Il faut sécher en évitant de chauffer et sans que l'altération n'apparaisse. Puis après broyage et/ou émiettement. La conservation se déroule dans ces endroits hermétique, sec et froid, (classique à toute bonne condition de conservation). La culture reprend alors après une courte mise à température ambiante et hydratation via les rafraîchis successifs. |
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