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Portrait dAntoine Augustin PARMENTIER
0-1.3.En conseil pour les rédacteurs ; des
boulangers de collectivité
Heureusement pour A.A.Parmentier, il sappuie notamment
sur le grand savoir de Monsieur Brocq, un professionnel, régisseur
de la boulangerie à lHôtel royal des Invalides et de lécole
militaire, qui deviendra par après responsable technique à léphémère
école de boulangerie (débutant en 1780 et qui cessera sa première
activité en 1793). Il semble que cest les boulangeries de collectivité
qui, à cette époque sont la référence des deux écrivains.
Pierre-Simon Malisset est une des sources de Paul.J.Malouin, cest
«lun des hommes les mieux informés sur le commerce des grains».
Les tests damélioration de la « filière farine »
à lHôpital général et à lécole
militaire royale, sont pratiqué par Pierre-Simon Malisset, qui de
boulanger devient régisseur du grain du roi pour lapprovisionnement
de Paris, au milieu du XVIIIème siècle. Ce dernier réalisait
vers la fin des années 1760 des expériences avec Monsieur Bricoteau,
chef boulanger à lhôpital Scipion (Kaplan, p.224 à
253).
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0-1.4.Antoine.A. Parmentier rebelle à la
levure pour défendre la?e levain.
A.A.Parmentier en 1778, est un
ardent défenseur du levain de panification et il est plus que dubitatif
sur lemploi de la levure issue de la bière (voir encadré
I).
| Encadré I |
| La levure de bière au XVIII & XXIXème
siècle à Paris Il faut dabord préciser ce quétait la levure à cette époque. Cela na pas grand chose à voir avec la levure de boulangerie actuelle. Cest «cette matière mousseuse, grasse et visqueuse, qui pendant la fermentation, se présente sous la forme décume à la surface de la bière, dès que cette liqueur a été mise en tonneaux, qui sort par le bondon, à mesure quon les remplit et coule ensuite dans des baquets placés exprès pour la recevoir.» . Ensuite on « met la levure molle dans un sac » et « en exprime doucement lhumidité par le moyen dune presse». Comme elle était produite en insuffisance dans certaines saisons à Paris, il fallait limporter de Flandre ou de Picardie (un voyage de maximum 4 à 5 jours). Lors du voyage «elle tourne aussi rapidement que le poisson de mer». Toujours daprès A.A.Parmentier, (p.318 à 329) « on sait que la levure manque son effet les 3/4 de lannée» et alors «lorsquelle est passée son introduction dans la pâte leur donne de lamertume et de laigreur sans légèreté». Voilà une description dont il faut relever limplication géographiqa?ue, Paris nétant pas en pays brassicole. Vers 1800, la levure issue des distilleries, moins irrégulière sera progressivement mieux considérée dans le métier que celle de brasserie. Surtout que les brasseurs entrant dans lère industrielle adoptent de manière presque générale des levures de fermentations basses (10 à 15°C) pour brasser des bières de longue conservation mais dès lors convenant moins bien en boulangerie. Ensuite la production de la levure pressée de boulangerie connaîtra des évolutions pendant tout le XIXème siècle par lapport de la microbiologie appliquée (insufflation dair en culture, centrifugeuse, purification et culture des souches pures). Puis en 1869 en Hollande et en 1872 en France souvriront les premières levureries industrielles de grains. |
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0-1.5. Après le XVIIIème, la levure
progresse et le levain régresse.
Maintenant pourquoi après, au siècle suivant, le XIXème
siècle, napprend-on plus rien au sujet du levain ?
Essentiellement parce que la levure de bière et puis de distillerie vont
simplanter et remplacer le levain. Ensuite lévolution sociale
trouvera dans le travail à la levure une manière d&ea?acute;viter
le travail de nuit et « lesclavage pénible où sont
les boulangers, dépier le jour et la nuit, ce qui se passe dans leurs
levains, et sur la gêne continuelle de les rafraîchir trois ou quatre
fois, ce qui laisse à cette classe dartistes, trois heures de suite
au plus pour se livrer au repos» (A.A.Parmentier, p.281). Un
contrainte technique qui trouvera une explication approfondie dans le texte qui
suit.
Léon Boutroux et à sa suite, Louis Ammann qui écrivent sur
levain se perdent en explications scientifiques peu convaincantes, même
à leurs yeux. «Au commencement de ce siècle, on avait les
idées les plus vagues sur la nature du ferment qui en était lagent:
cest au gluten que ce rôle était dévolu»,
(les globules de gluten et de levures étant parfois confondues début
XIXème sc.), L.Boutroux (p.95). Ce dernier devra même entreprendre
un gros travail de recensement détudes pour simplement faire létat
des connaissances sur les bactéries et levure du levain. Cest quil
sagit dune science naissante et dune spécialisation (la
microbiologie) qui tardera à naître. L.Boutroux (p.96 &
97) écrit encore «
à la suite de limmense développement
quont pris les recherches bactériologiques, létude des
diastases et celles des transformations des hydrates de carbone, une théorie
simple ne pouvait plus conserver dautorité ; mille faits nouveaux
venaient chaque jour compliquer la question et suggérer des hypothèses
nouvelles.». Dans ce domaine de la recherche, sous le microscope, on
présente rarement du levain. Et comme Louis Pasteur le dira lui-même
&laqua?o;le hasard ne favorise que les esprits préparés»,
ainsi il sera longtemps difficile de faire mûrir une approche analytique
du levain de panification.
Le danois Alfred Joergensen,p.284 notera en 1899 «
les opinions
sont très divisées en ce qui concerne limportance de ces différents
organismes (bactéries et levures) pour la fermentation du pain bis. Des
essais décisifs sur les agents actifs de la fermentation panaire nont
pas encore été faits jusquà présent ».
Après les victoires des vaccins anti-rabiques et les solutions analytiques
dans les entreprises utilisant la fermentation, on sincline devant ce savoir
considéré desprit supérieur qui deviendra par ce profil
presque obligatoirement condescendant. Dans les livres comme ceux dEmile
Dufour en 1935 et puis le professeur Raymond Calvel dans les années
1950-60 (des boulangers-écrivains, pas des scientifiques), lorsque quon
revoit des témoignages de terrain sur le levain, la place minime quils
donnent au levain dans leurs écrits face à la levure sinverse
par rapport au grand espace fait au levain dans les écrits du XVIIIème
siècle.
Les différents pains fabriqués dans ces temps

| Encadré II | |
| Le procès du pain mollet et de la levure en France
1630-1670 Au XVIIème siècle, un petit pain de luxe fait son apparition, il est enrichi de sel (rare, coûteux à lépoque). En 1600, O.de Serres décrit les paina?s de Paris, p.819 «Le pain le plus délicat est celui quon appelle, pain mollet, que les boulangers font par souffrance, nétant permis par la police, à cause quil est de mauvais ménage, sy dépensant de trop», -dans le sens de la suffisance du ravitaillement de tout le monde-. Toujours daprès O.de Serres, le pain mollet «est communément petit et rond et fort léger, spongieux et savoureux, à cause du sel quon y met qui le rend moins blanc aucun des autres pains ni des villes ni des champs nétant du tout rien salé». On lui donnera aussi le nom de «pain à la reine», référence à Marie de Médicis (1573-1642), épouse dHenri IV. Les boulangers livrant le pain forain (-sur les marchés-) à Paris, ne pouvaient fournir que du gros pain (en poids), le petit pain, plus difficile à réaliser au levain qui est une fermentation de masse, étant réservé aux boulangers de la capitale. Laspect spongieux est plus que probablement du à lemploi de la levure et à la pâte molle. Cest en tout cas la levure qui est attaquée par les laboureurs-boulangers de Gonesse qui fournissait un excellent et réputé pain blanc de pâte ferme et au levain sur le marché de Paris. P.J.Malouin écrit, p.14; « on attribuait au pain préparé avec de la levure les mauvaises qualités quon attribue à la bière, qui sont dêtre nuisible aux nerfs et à la tête en général, dêtre contraire aux voies urinaires en particulier et même de rendre sujet aux maladies de la peau». Cette polémique durera longtemps, au point quencore en 1770, Charles de la Condamine dans un livre intitulé « Le pain mollet » met dans la bouche de Guy Patin, « pain molliste » notoire, ces paroles ; «La mort volait sur les ailes du pain mollet». Un limousin Gabriel N. de la Reynie est chargé par Louis XIV dinstruire le procès de la levure. Il dira que la levure «est plus aisée à travailler et à pétrir», mais «peut produire de très mauvais effets lorsquelle est un peu défraîchie». P.J.Malouin, p.218, signale quil existait dailleurs à son époque, soit 90 ans après larrêt, «un procès entre les brasseurs et les marchands de levure, tendant à faire contraindre les levuriers de déposer à la Halle la levure pour être visitée par les brasseurs de Paris». |
![]() ![]() Les pains mollets présentés sur la couche tels quils figurent sur une planche de P.J.Malouin |
Revenons au procès de la levure, le roi demande à la faculté de Médecine de lUniversité de Paris, quelle pouvait être la conséquence de lemploi de la levure de bière pour la santé publique. Le 24 mars 1668, celle-ci se prononce ; 47 médecins sont contre et 30 pour. «Mais cette décision ne fut pas regardée comme un jugement authentique de la Faculté, parce quil ne fut pas porté et confirmé suivant lusage de cette Compagnie, dans trois de ces assemblées ca?onvoquées pour cela. La seule assemblée où il en fut question et où lusage de la levure fut condamné, navait pas même été convoquée pour cette affaire» (P.J.Malouin, p.14). On encommissionne le problème, six médecins et six notables doivent trancher la question : levure de bière ou pas ? Sur les six médecins, quatre sopposaient, deux étaient favorables. Les notables bien quils avaient des opinions différentes donnèrent leurs accords (R.Calvel, p.158). Enfin le Parlement de lépoque jugea la question en faveur de la levure, par Arrêt du 21 mars 1670. Cet Arrêt du parlement de Paris précisait toutefois que lon ne pouvait «employer dautre levure que celle qui se fait à Paris» et que celle-ci devait être «non corrompue et fraîche» et «mêlée avec du levain» P.J.Malouin, p.217. |
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| Encadré III | |
| Létude de la fermentation panaire
du XVIème au XIXème siècle. De lalchimie à la microbiologie ou de lalambic
au microscope |
Lalambic sépare les gaz
des produits en les chauffant, puis les refroidit (distillation)![]() |
| Les découvertes scientifiques
avant la fin du XVIII ème siècle 1594 : André Libavius (D) distia?ngue la fermentation de la digestion, de la putréfaction. 1648 : Jan-Baptist Van Helmont (B) crée le mot et la notion « gaz » que Franciscus de la Boë Sylvius (NL) 1614-1672, repère dans la fermentation alcoolique et appelle «gaz vinorum» 1659 : Thomas Willis (G.-B.) ébauche la théorie de la «fermentation ou génération spontanée» qui ignore le rôle des microorganismes (pas encore découvert à cette date). 1674 & 1676 : Antoni Van Leeuwenhoek (NL) donne les premières figures de protozoaires et bactéries appellées «levende dierkens» qui sera traduit en français par «animalcules». 1682 : Johann J. Becher (D) distingue les fermentations alcoolique et acétique. 1697 : Georg-Ernest Stahl (D) améliore le théorie de T.Willis dans son ouvrage «Zymotechnica fundamentalis». 1764 : David Mac Bride (IE) identifie les gaz produit par la fermentation avec lair fixe de Black. 1766 : Henry Cavendish (G.-B.) décrit ce gaz identifié par Mac Bride et montre que la fermentation du sucre en fournit 57%. 1768 : Lazzaro Spallanzani (I) démontre linexistence de la théorie de la «génération spontanée». Son expérience, apparaissant comme simple aujourdhui, est révolutionnaire à lépoque. Grâce à des flacons contenant du jus de viande, il prouve que les microbes viennent de lair et quils sont tués par lébullition. Labbé John T.Needham (G.-B.), le comte de Buffon (F) & P.L. Moreau de Maupertuis (F) sopposent à la théorie a?du moine italien. 1777 & 1778 : Antoine Laurent Lavoisier (F) définit et quantifie la transformation réalisée dans la pâte et modifie les nomenclatures chimiques. |
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Nous voilà donc à lépoque des écrits qui sont notre source dintérêt et dinterprétation, avec la notion que le vivant naissait du non-vivant, « par le jeu dune force végétative naturel ». Cest la théorie dite de la «génération spontanée». Lallemand Justus von Liebig est considéré par sa notoriété comme un des derniers rempart de cette théorie. Il écrivait «si la levure de bière peut faire fermenter le sucre, cest quelle contient déjà une substance en état de métamorphose et dont les atomes se trouvent dans un état de grande agitation ». Toujours daprès le savant allemand, ces atomes sont «capables de transmettrent ce caractère aux substances voisines». Les écrits de P.J.Malouin, plus que de A.A.Parmentier font état de cette théorie de la «génération spontanée». Le premier écrira, p.198 « les métamorphoses que fait partout la fermentation, rendent probable la production artificielle des minéraux même, cest le vrai principe de lAlchimie raisonnable». Le même, p. 196, dit que «Les végétaux et même les minéraux sont sujets à la contagion, comme les animaux» Eh oui !, à lépoque lon croyait encore que lor « naissait ou poussait » dans les ruisseaux ou la terre par une v&eaa?cute;ritable alchimie naturelle daction du soleil sur les terres minérales comme lécrit Christophe Colomb en 1492 dans son journal de bord. En plus sachez que P.J.Malouin venait en 1753 de vaincre une épidémie animale qui fit des ravages aux environs de Paris, à lépoque, la spécialisation des secteurs scientifiques nexistait pas du tout. Prenons ces propos comme une mise en garde, mais pas comme un manque de bonne foi. Lapproche des scientifiques que sont P.J.Malouin et A.A.Parmentier sera plus dans lexpression des mouvements de gaz (le spiritueux), dacide (qui fait rougir les teintures violettes ; P.J.Malouin, p.209) et de chaleur créés par le levain et tout compte fait, on aura rarement a y perdre dans lobservation. Ainsi la farine sera considérée comme un corps «naturellement venteux» et la boulange va opérer « par voie sèche » car on emploi pas la même dose deau qui est nécessaire «quand on emploi pour réalisé un dissolvant liquide» (P.J.Malouin, p.199 & 200) . Toujours le même auteur, p. 196, écrit «Le propre du levain est de se reproduire, cest une espèce de génération, mais il ne se reproduit quavec son semblable, plus la chose avec laquelle se mêle le levain est sa nature , plus elle lui devient semblable.» A.A.Parmentier ami de A.L.Lavoisier définit (p.277) le levain plus pragmatiquement, comme « une substance à demi-solide, qui étant dans un état voisin de la fermentation spiritueuse et plus apprêtée quil ne faut pour être convertie en pain, communique à la pâte, cest à dire au mélange deau et de farinea?, un autre état quelle naurait pas en aussi peu de temps si on labandonnait à elle-même, sans y introduire un agent fermentant». Linterprétation de la fermentation panaire se relate par des expressions tout en nuance de mouvement. De par cette crédibilité à cette action de «contagion des corps», il faut que le levain contamine (on dirait aujourdhui inocule) «le feu» (cest à dire le simple échauffement). Il faut que «lesprit ardent» du levain soit dans un état précis. Sil lest de trop, il faudra «le décharger», sil lest trop peu, il faudra «le renouveler». «Lacide est le principe du levain, mais lacide nest point à proprement parlé un levain qui fasse lever», (P.J.Malouin, p.208). Pour avoir la maturité ou «lapprêt des levains», on «renouvelle» (la méthode sur plusieurs rafraîchis) «on fournit lesprit ardent», A.A.Parmentier,p.248, « on donne de la pâture au feu », P.J.Malouin, p.203, et alors «lacide est moins fixe» P.J.Malouin, p.208 et «on passe de lacide au spiritueux» P.J.Malouin, p.203. «Lexpérience, lindustrie et peut être même le hasard firent naître lidée de les (les levains) renouveler souvent, cest à dire dy ajouter une nouvelle quantité deau et de farine, opération qui diminuant leur aigreur augmente leurs spiritueux». A.A.Parmentier, p.278. Nous avons vu que dans les découvertes précédant ces écrits, lapproche analytique des gaz b&eacua?te;néficie de beaucoup détudes et dune certaine maturité. |
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Cest quil faut encore se dépêtrer
des « biens pensants » de lépoque, lEglise est
encore fort maître de la pensée et linquisition (XVIèmesc.)
est encore dans tous les esprits, souvenez-vous de G.Galileo qui du cessé
denseigner ses thèses et fut assigné à résidence
en 1633. On aura ainsi bien du mal à apporter les preuves que dans la fermentation,
la vie provient de parents semblables et il faudra 190 ans depuis leurs premières
observations jusquà leurs reconnaissances par lapplication.
Avec un recul de trois siècles François Jacob en 1970 donne
un point de vue lucide sur les découvertes du drapier hollandais «Lorsque
Van Leeuwenhoek contemple pour la première fois, un monde inconnu,
des formes qui grouillent, des êtres qui vivent, toute une faune imprévisible
que linstrument, soudain rend accessible à lobservation, la
pensée dalors na que faire de tout ce monde. Elle naa?
aucun emploi à proposer à ces êtres microscopiques, aucune
relation pour les unir aux restes du monde vivant. Cette découverte permet
seulement dalimenter les conversations qui sadonnent à la science
amusante» |
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Les découvertes après le XVIIIème siècle 1802 : Louis Joseph Gay-Lussac (F) qui est surnommé «le maître des gaz», découvre la loi de la dilatation de ces gaz. 1836 : Théodor Schwann (D) démontre que la fermentation du sucre est le résultat dun processus mettant en jeu la levure. Cette thèse fut réfutée par Justus Von Liebig (D) et par les autres tenants de lautorité scientifique et des transformations se réalisant par «contagions chimiques» des corps. 1837 : Charles Cagniard Latour (F) dans son mémoire sur «la fermentation vineuse» soutint la même thèse «des globules se reproduisant par bourgeonnement et qui décomposent la matière» que T.Schwann & Friedrich T.Kützing (D), mais cest «une rêverie» pour Jöns J.Berzélius (S) et la «fermentation spontanée» reste la thèse officielle. 1860 : Les publications de Louis Pasteur (F) dont le «Mémoire sur la fermentation alcoolique» et l «étude sur la bière» fut la consécration, ainsi que l«étude sur le vin» (1866) apportent les preuves que la fermenta?ation est suscitée par les microorganismes. L. Pasteur écrit en 1860, «Lacte chimique de la fermentation est essentiellement un phénomène corrélatif dun acte vital, commençant et sarrêtant avec ce dernier». On sépare enfin le «rôle du vif et de linerte». Cela en est fini de la théorie de la «fermentation spontanée» et cest la victoire de Louis Pasteur sur Félix A.Pouchet à lAcadémie française des sciences. |
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Chapitre 0-2. Avertissement aux boulangers du XXIème
sc.
0-2.1. Le mot « levain » a plusieurs significations
et il faut se comprendre .
Dexpérience, je peux dire que lorsque des personnes essayent
dapprendre et de se comprendre au sujet du levain de panification, cela
prête régulièrement à difficultés, voire confusion.
Cest que le même mélange de farine et deau procure pâte
et/ou levain. Le même bout dit de pâte, sera dit levain, en ne changeant
rien dans sa composition dingrédients mais bien dans son évolution
fermentaire. Ce qui explique que lon peut facilement désarçonner
oralement un non-initié. Il faut être bien conscient de ces difficultés
de langage en tant quintervenant à ce sujet. Pour éviter cela
mettons une certaine rigueur dans le sens donné aux expressions utilisées.
Le ferment de base pour la pâte à pain, ce mélange deau
et de farine sans autre ajout que le sel, arrive a être dénommé
dans a?les communications professionnelles, comme; «levain naturel»,
«levain ancien», «vrai levain», «levain pur»,
«levain spontané» Tout cela sans quaucune expression
ne soit une expression plus conventionnelle quune autre. Lembarras
sera aussi au rendez-vous avec lexpression «levain de pâte»,
qui peut être perçue diversement dans la littérature professionnelle
ancienne et actuelle. Cette abondance dappellations différentes témoigne
du manque de définition du terme, surtout lorsque des ajouts dautres
ingrédients (en particulier, de la levure) sont présents dans le
mélange de manière volontaire ou involontaire. Cest que, pour
beaucoup de boulangers, le mot levain est parfois défini en panification,
comme une « pâte de la veille » qui ensemence la « pâte
du jour ». Même si létat de la « pâte de
la veille » nest pas lisible quant à son ensemencement primaire.
Lidentité du chef étant différente sil sagit
dauto-fermentation où dune ancienne pâte à la
levure.
Dans les textes qui vont suivre, on trouvera cette phrase que parfois le levain
«..est sur le retour» Cest en effet un autre aspect inhabituel
de la terminologie technique boulangère, si on doit trouver un début
ou une fin à un exposé sur le levain, on peut tout aussi bien dire
que lon commence par la fin, puisque le début et la fin du processus
de panification au levain sont constitués du même levain-chef. On
réalise quotidiennement une boucle avec un bout de pâte différent
en fin de journée quen début, mais qui est destiné
au même ensemencement et toujours avec la a?même composition.
0-2.2. Lectures de pâte au XVIIIèmes. et compréhension
au XXIèmes. .
Alors pour éviter au mieux des relations confuses, sachez que
lon ne parlera ici que de levain en terme de mélange de farine-eau
en auto-fermentation, et éventuellement un peu de sel, rien de plus.
Appréciez les différents états fermentaires
de cette pâte plutôt que ses ingrédients.
Bon courage, à vous lecteurs, et le rédacteur du XXIème sengagera
a faire de son mieux pour préciser à quels stades de la fermentation
de la pâte au levain sont « les lecteurs de pâte du XVIIIème
» avec leur « leur langage raffiné et respectueux » et
« leur science alambiquée ».
Précisons que les expressions extraites directement des écrits du
siècle de la lumière seront toujours mises en italique. Dans les
citations retenues, seuls certains orthographes et ponctuations ne seront pas
respectées pour une meilleure compréhension. Autrement peu danalyses
comparatives figureront dans les conclusions. Certes on pourrait reconnaître
la levure et sa force de levée dans «lesprit ardent»
et décodé pour vous bien dautres transcriptions des termes
de lépoque. Mais cest à un texte volontairement détudes
que je vous convie. Il sera brut, avec le plus possible de citations dépoque.
A chacun de faire son discernement et jespère que la dizaine dencadrés
permettront de mieux se faire une lecture personnelle du levain dans linfluence
de son environnement du XVIIIème siècle. Tout professionnel peut
compter sur lempirisme multiséculaire de la boula?angerie qui perçoit
lensemble des données, celles déjà découvertes
par la science et celles qui ne le sont pas encore. Jespère que ce
texte permettra aux professionnels de se nourrir avant tout de «lexpérience»,
et bon dieu sait combien la boulangerie a du vécu pour cela soit le cas.
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Le texte exposé ici comprendra 5 chapitres pour bien
séparer les différentes maturations du processus;
1. le levain-chef ou démarrage. « Le témoin-initiateur »
2. lensemencement des pâtes au levain ; lapprêt ou la
maturation du/des rafraîchis et pâtes. « Le témoin-accompagnateur
»
3. les diverses méthodes de travail au levain (sur un, deux ou trois levains,
sur pâte). « Le témoin-convoyeur »
4. la récupération des fautes de maturation dite «raccommodage»
du/des levains. « Le témoin-soigneur »
5. la conservation du levain. « Le témoin-veilleur »
6. Pour conclure le temporisateur-témoin des limites danalyses et
conditions dil y a plus de 2 siècles.
