IV.1.Ne récoltons pas la pollution !
L'objectif de ce dossier est de faire croître un discernement sur le
choix du produit de base, principalement la céréale et la manière
dont on l'obtient. La culture et la récolte ne concernent toujours
pas notre stricte compétence de boulanger. Pourtant c'est ce dossier
qui peut donner le plus d'enracinement à une démarche écologique.
Personnellement ma motivation « bio » s'est beaucoup renforcée
en réaction à la réalité attristante dans laquelle
s'est trouvé plongé le monde agricole conventionnel. En retournant
ne fus-ce que 20 à 30 ans en arrière, à l'heure de l'accroissement
des rendements et à l'entrée massive de l'agriculture
dans le mode industriel, tout partisan de l'agriculture biologique était
traité comme un personnage nostalgique ayant le goût du pessimisme
et du catastrophisme exagéré ou encore irresponsable devant les
défis de l'agriculture Aujourd'hui que nombre de scandales alimentaires
sont venus troubler le consommateur d'aliments à prix planché
issu de l'intensif, le respect d'un monde de production naturel grandit
dans l'opinion. Le progrès tel qu'on nous le présentait
est devenu petit à petit synonyme de dangers et de pollution. S'il
nous faut choisir entre les risques issus de la nature et les risques issus de
la chimie, il est rare de voir encore les arguments des partisans de l'agrochimie
tenir allègrement la route
1. Bien
que cela puisse être clair au niveau de l'intention et de la réflexion,
on (la famille) est souvent bien loin d'avoir « la bouche militante
» lorsque nous effectuons nos achats. A l'échelon politique,
lorsque nous devons émettre des choix entre l'économique à
court ou à long terme, c'est aussi le choix rapide qui prédomine.
IV.2. La baisse des prix ! A quel prix !
C'est à l'analyse d'articles traitant des pesticides que
l'on peut remarquer combien la connaissance sur ceux-ci a pris du temps et
combien il est parfois difficile ensuite de réagir adéquatement
lorsque l'investissement est devenu l' « establishment »
2
. Les d&eacut2e;fenseurs des prix les plus démocratiques et ceux de la rationalisation
économique en grosse unité de production, les politiques libérales
et sociales, ont trouvé un consensus gouvernemental dans la production
intensive des aliments
3.
Le prix du froment n'a guère augmenté ces dernières
décennies, il a même diminué, si l'on parle en prix constant
4.
Le prix de l'uf non plus, le lait pas tellement. Les productions ont
du s'accroître pour maintenir un revenu décent au producteur.
Dans le secteur des céréales, la superficie des fermes et le rendement
à l'hectare ont augmenté pour y faire face. Tout cela dans
un esprit de compétitivité qui s'aiguisait de plus en plus,
excluant les petites entreprises. Par corollaire les jeunes débutants ou
nouvelles générations d'agriculteurs verront l'investissement
de départ bien difficile à rembourser. Un mécanisme bien
sclérosant qui produit un maigre bilan social.
IV.3. Protecteurs de récolte à court terme et récolte
de dangers à long terme.
En 1948, on attribue le prix Nobel de physiologie et de médecine à
Paul Müller (CH, *1899 1965) qui découvrit les propriétés
insecticides du DDT
5.
Plus de cinquante après, le monde scientifique a cerné les limites
de ce protecteur du paludisme et des récoltes. « Notre ignorance
est plus vaste que ce que nous connaissons » et « ce que nous ignorions
(de ces produits protecteurs de récolte) s'avéra plus important
que ce nous savions », écrivent Théo Colborn, Diane Dumanoski
et John P.Myers
6.
Ce livre préfacé par Al Gore (alors, vice-président des Etats-Unis
et candidat malchanceux aux élections de 2001), fait suite au premier livre
réalisant un impact contre les pesticides, « The Silent Spring »
de Rachel Carlson en 1962
7.
Après avoir rassemblé dans une banque des données depuis
la fin des années 1980, toutes sortes d'informations aussi disparates
que l'hécatombe des phoques en Mer du Nord, des dauphins en Méditerranée,
de l'atrophie du pénis des alligators en Floride, d'oisillons
difformes dans les grands lacs d'Amérique du Nord, des visons stériles
dans la même région, des murs bizarres des goélands
et des sternes toujours dans cette région des grands lacs fort fermés
et pollués, du décimage des loutres en Angleterre, etc. Théo
Colborn a ainsi suivi la piste des poisons à retardement que sont les pesticides.
Les effets d'emmagasinement des toxiques dans les organes filtrants de la
pyramide alimentaire sont devenus probants lorsqu'on a voulu comparer une
population vivant dans une région polluée à une population
vivant dans une région intacte (Les Inuits pour le genre humain et les
ours polaires pour le monde animalier)
8.
Ceux-ci consommant beaucoup de graisses de phoques, consommaient aussi beaucoup
de poisons par l'effet accumulateur des résidus persistants dont la
concentration peut-être multipliée des millions de fois au bout de
la chaîne. De hasard de lecture en hasard de rencontre et par les connections
des résultats d'enquêtes, la recherche de Miss Colborn fini
par découvrir une forme de risque de société bien insidieuse.
La perturbation hormonale réalisée par les matières actives
de pesticides entraînent des baisses de spermatozoïdes, de stérilité
et des malformations. Ces perturbations hormonales se réalisant parfois
à des doses bien plus infimes que ce que l'on imaginait et avec des
matières déclarées inoffensives. Comme le plastique recouvrant
l'intérieur des conserves et celui des éprouvettes ! Pire que
le risque de l'extinction de l'espèce humaine (le titre de la
version française du livre), les auteurs de « Our Stolen Future »
voit dans le brouillage des messages hormonaux chez les animaux et probablement
chez les humains, des problèmes comportementaux qui agressent la vie en
société
9.
Sachez que l'industrie chimique a entrepris en vain de discréditer
ce livre fort étayé scientifiquement.
IV.4. Peste ici !
Si des livres comme celui qui est décrit ci-avant ne permettent plus aux
décideurs d'ignorer les dangers que l'on court, d'autres
recherches dénoncent jusqu'à l'efficacité des produits
pesticides. Tout d'abord celui de l'entomologiste californien Robert
Van den Bosch dès 1977-1978, un des pionniers de la lutte intégrée
et biologique
10.
Celui-ci dénonce l'engrenage des pesticides. C'est à dire
la multiplication des traitements avec des doses en progression constante, pour
lutter contre la pullulation d'espèces résistantes
11.
Le temps de produire une nouvelle molécule biocide est parfois plus long
que le temps d'adaptation des nuisibles à la molécule où
matière active de ce pesticide
12.
Le commerce des produits dits parfois protecteurs de récolte ou pesticides
13,
étant en pratique uniquement régulé par la publicité
de vente. Celle-ci passe également dans la presse professionnelle pratiquement
muselée au niveau budgétaire
14.
Les organismes de contrôle castré politiquement
15
ont rarement rempli leur rôle d'informateurs et de contrôleurs
16.
Toutes ces normes que sont la dose de résidus de pesticides autorisés,
la D.J.A. (Dose Journalière Admissible) ou la DL 50 (Dose Létale
50)
17
ne signifie plus grand chose. Lorsqu'il ne mesure ni la destruction de la
vie microbienne du sol, ni l'impossibilité de mesurer à travers
tous les aliments le contenu de chaque additifs ou résidus et leurs interconnexions.
La mise à jour des connaissances est rarement effectuée par l'O.M.S
18,
tant cette tâche de rassurer à l'aide de D.J.A. est peu convaincante.
Afin d'octroyer l'agrégation officielle, on fait ingérer
les nouvelles molécules à une population (souvent des rats) en augmentant
progressivement la dose. Arrivé à 50% d'animaux morts (dose
létale), on obtient la DL50 par kilo de poids vif de l'animal. L'état
des 50% d'animaux restants, permettrait d'en connaître plus sur
l'innocuité la carcinogénicité et génotoxicité
19 du
produit biocide testé, mais là on analyse plus. Il a fallu des initiatives
de fondations privées pour mieux cerner les conséquences des traitements
des terres agricoles par les quelques millions de tonnes/par année
20,
de produits à molécules biocides créés par l'industrie
chimique. Malheureusement, ce n'est pas toujours l'Etat, ni surtout
les entreprises qui s'en sentent citoyennes et responsables de cet avenir.
Encore un exemple qui peut désoler dans notre réalité actuelle,
c'est lorsque l'emploi d'un pesticide devenait interdit dans les
pays occidentaux, les firmes continuaient à le produire et à l'exporter
dans les pays du Sud
21,
pour les voir se ramener en l'important en termes de résidus dans
les produits alimentaires
22.
Avant d'écrire ce livre, je voulais n'être que positif.
Mais cette pratique que certains ont appelé l'agrochimie laisse beaucoup
trop de traces destructrices pour que l'on n'en parle pas. Un pesticide
est responsable non seulement de son objectif (tuer la vie ciblée), mais
son spectre d'action est souvent plus large. Il inhibe lors de la croissance
de la plante, une synthèse convenable des apports nutritifs ou amendements
du sol
23.
Cela procure à la céréale plus d'éléments
non synthétisés directement assimilables dont raffolent les insectes,
champignons, bactéries ou virus (les pestes). On leur procure avec cette
manière de cultiver une niche, un terrain idéal
24.
La culture de céréale en agriculture biologique ne peut pas subir
de traitements à l'aide de pesticides de synthèse, mais dans
certains cas, lors de la conservation (voir chapitre V), des traitements à
l'aide de produits phyto d'origine naturelle et non rémanents
sont autorisés
25,
ils seront repris dans le tableau de synthèse du chapitre IV.6 qui suit
pour comparaison et peut-être relativiser. Après ils seront revus
au chapitre V qui concerne la conservation des grains.
IV.5. Ici, depuis 50 à 30 ans, la traite des céréales
26
Du fait du métabolisme ( l'assimilation des apports nutritifs ) des
végétaux et de la partie consommée par l'humain (racine,
feuille ou fruit), les résidus seront plus ou moins présents. Par
ce fait, ils le seront moins sur céréales (fruits/graines) que dans
les autres fruits et légumes
27.
Au cours de sa culture la céréale peut voir à plusieurs étapes
de celle-ci des interventions « phyto-pharmaceutiques » dites de protection
par certains et chimiques par d'autres.
1.- Premièrement, la semence qui sera traitée aux insecticides autrefois
organo-mercuriels (voir ch. III.11, la traite des semences) et actuellement organo-phosphorés
et malheureusement encore aux chloro-nicotyl, plus connu sous le nom du produit
commercial « Gaucho »
28.
2.- Deuxièmement, si la semence est hybride (voir ch. III.10), un agent
chimique (H.C.A.= Agent Chimique d'Hybridation) sera pulvérisé
sur les épillets ouverts afin de stériliser les organes mâles
du froment pour créer une autre variété par fécondation
venant de pollen d'autres variétés de froment semée
sous le vent.
3.- Troisièmement, avant et après que la germination de la graine
dans le sol laisse pointer sa plantule puis encore après le tallage (voir
ch. IV.)
29
des traitements d'herbicides peuvent avoir lieu. Ceci afin de protéger
la plante naissante du froment de la concurrence d'herbes parfois proches
parentes génétiques. C'est dans ce cas qu'interviennent
des herbicides dits sélectifs, utilisés parfois systématiquement
en prévention
30.
4.- Quatrièmement, des régulateurs de croissance peuvent être
employés, mais moins qu'en arboriculture
31.
Ici il s'agit de réduire le risque de verse physiologique
32
(voir aussi ch. III.9.). C'est à dire de limiter l'élongation
de la tige entre deux nuds et d épaissir ces mêmes pailles.
On les appelle le plus souvent « raccourciseurs de tige »
33.
5.- Cinquièmement, les attaques dues aux moisissures
34
lors de la culture conduiront à des traitements de fongicides
35.
Après le décorticage des grains ( enlever les balles ou cosses),
qui se réalisait autrefois sur l'aire de battage au fléau,
le grain sera conservé, souvent en silos.
6.- Sixième et dernièrement, les produits de protection du stockage
du grain
36viennent
après récolte et décorticage et avant la transformation.
Il nécessite pour cette raison plus de contrôle et de vigilance.
C'est principalement ces derniers produits et leurs métabolites
37,
que devrait cibler l'analyse de résidus. D'autant plus, si le
son fait partie de la portion employée dans le pain ou autres produits
dérivés
38.
Auteur : DEWALQUE Marc, Equipe BoulangerieNet.
-[1]- Une législation
européenne à revoir
Voir François VEILLERETTE, (& Catherine WATTIEZ pour la préface),
p.4, 5 & 89, la directive 91/414/CEE comporte de nombreuses lacunes (notamment
une insuffisance de tests) tel que le VIème programme d'action pour
l'environnement de la Commission européenne envisage de la réviser.
Mais dix ans auparavant le Vème programme d'action pour l'environnement
de la Commission européenne avait déjà prévu une réduction
importante et rien ne s'est produit. C'est plutôt l'accroissement
de la consommation de pesticides qui s'est produit. Il faut donc discerner
les déclarations de bonne intention, des réalisations. Le P.A.N.
(Pesticide Action Network) émet sur son site européen, www.pan-europe.net
(en anglais), une proposition remodelée de la directive 91/414.
-[2]- Les limites de la justice
L'espoir de découvrir les limites de la justice et de l'économique
se rédigera dans le chapitre Social, à la fin C'est dans ce
chapitre pesticides que l'on découvre les plus gros débats
au niveau des limites juridiques actuelles. Mohamed Larbi BOUGUERRA 1997 donne
l'exemple d'un procès intenté à une firme en Floride
(USA), d'après le fait que la Floride soit beaucoup occupée
par des retraités américains et que leurs fonds de pensions investi
dans les actions de firmes phyto-pharmaceutiques. Cela limite la liberté
de jugement sur les toxiques dans cet état.
-[3]- Les limites de la politique
Les instances influentes sur les politiques, la Communauté européenne
et maintenant l'Organisation Mondiale du Commerce veulent libérer
les marchés de toutes contraintes concurrentielles et miser sur la compététivité.
Elles oeuvrent pour réduire les marges par économie d'échelle
et industrialisation des procédés. La condition de consommateur
prévaut largement à celle de producteur et le social en devient
sclérosé.
-[4]- Le prix constant est celui qui tient compte de l'inflation galopante
les années 1960-70. Voir le chapitre Economie qui traitera mieux cet aspect.
-[5]- Marylène POIRIE & Nicole PASTEUR, p. 875.
-[6]- Théo COLBORN, Diane DUMANOSKI et John P.MYERS. Ce livre sera traduit
en 15 langues et continue son action au travers d'un site www.ourstolenfuture.org
-[7]- Le premier discrédit des soins chimiques, pas 20 ans après
leurs premières applications
Rachel CARLSON, Le printemps silencieux, a été publié en
français aux éditions Plon en 1963, puis en livre de poche en 1968.
Il eu un effet détonateur dans une période qui interdira début
des années 1970, l'emploi des pesticides organo-chlorés, dits
parfois organo-halogènes. Cette interdiction frappera d'abord une
partie des organo-chlorés. Puis ± 10 ans après, le tout et
c'est seulement en 2001 qu'une convention de l'O.N.U. interdira
au niveau mondial ces polluants organiques persistants, dits les POPs' dont
il faut ajouter les dioxines émanant des incinérateurs de déchets
et provoquant la contamination bien recensé par les analyses de laits maternels.
-[8]- Voir ; Théo COLBORN,
p. 126
-[9]- Voir ; Théo COLBORN, p. 254. L'irritation des systèmes
immunitaires, hormonales et nerveux conduit à des comportements agressifs
et associaux.
-[10]- Robert VAN DEN BOSCH & Jean-Paul AESCHLIMAN.
-[11]- La résistance
des insectes
Il existait 600 espèces résistantes en 1997. Le DDT est commercialisé
en 1943, on s'aperçoit dès 1947 des premiers phénomènes
de résistance (Marylène POIRIE, p.875) . Pour comprendre cette rapidité
de réponse d'auto-défense des insectes, il faut savoir qu'une
génération d'insectes = parfois moins d'une année.
-[12]- Compétition entre retour sur investissement et résistance
des nuisibles
Marylène POIRIE & Nicole PASTEUR, écrivent p. 876, « Devant
la rapidité avec laquelle apparaissent les phénomènes de
résistance, la course pour la mise au point de nouveaux produits efficaces
et inofensifs pour l'environnement semble compromise. La recherche de nouveaux
insecticides chimiques revient très cher et il est difficile d'amortir
un nouveau produit ».
-[13]- Petit lexique . ..pour ne pas pester
Pesticides (ou biocides) est l'expression employée pour l'ensemble
des familles suivant leurs cibles, herbicides, insecticides, fongicides, acaricides,
nematicides, molluscicides, rodenticides. Ces différents pesticides peuvent
tout aussi bien faire partie de différentes familles chimiques de pesticides
suivant le type de la molécule de la matière active, soit ; organo-chlorés,
organo-phosphorés, carbamates, pyrétrinoïdes de synthèse
et d'autres familles moins nombreuses que les précitées. La
matière active n'est pas encore le nom commerciale du produit, elle
peut être vendue ou fabriquée par divers firmes.
-[14]- La liberté de la presse professionnelle
Il est parfois intéressant d'étudier le bugdet de cette presse
professionnelle. En effet, en agriculture par exemple, le nombre d'agriculteurs
ayant tellement diminué et les frais de publication tellement augmenté
que souvent l'apport des encarts publicitaires dépassent largement
l'apport des rentrées d'abonnements.
-[15]- Vient chez nous, ça paye mieux
Voir Jenifer FERRARA pour les relations entre F.D.A. espèce d'agence
américaine de contrôle pour la santé et les firmes pharmaceutiques
, Mohamed Larbi BOUGUERRA 1997, pour ces mêmes relations entre la firme
Du Pont de Nemours et l'E.P.A. -agence U.S. pour la protection de l'environnement-.
Alors que des procés concernant le Benomyl étaient en cours le président
de l'E.P.A., William Reilly quitta son poste pour rejoindre le conseil d'administration
de la firme. Robert VAN DEN BOSCH qui dénonce dans son livre le retrait
de compétence des organismes de contrôle et Dominique VIGNON qui
présente le nouveau fonctionnement de l'E.P.A., avec la bourse aux
permis de polluer, p.9 & 10. Voir aussi D.WEIR, p. 65 à 73 qui révèle
les baisses de crédit pour un travail toujours plus conséquent.
L'effet peu coercitif ( amende trop légère) des sanctions
-[16]- Le lindane causa des problèmes aussi quand la molécule produite
n'était pas pur, occasionnant des réactions aigue de la part
des employeurs du produit. Sachez que la culture des céréales, la
vigne et l'horticulture sont les trois secteurs les plus marqué par
les dossiers de médecine française du travail (VEILLERETTE, p.50).
-[17]- D.L : = Dose Légitimement à revoir
Antoine ROIG, p.734. Cette notion dont l'utilité n'est pas contestée
(c'est une mesure) est toutefois insuffisante. Peut-on comparer la sensibilité
des rats à la sensibilité des humains. Exemple ; les organochlorés
sont 5 fois plus actifs sur le veau que sur le rat.
-[18]- L'Organisation Mondiale de la Santé WHO initiale anglaise généralement
employée, installée à Genève (CH) site www.who.int
-[19]- La carcinogénicité et la génotoxicité sont
les dégats provoqués dans la lutte contre le cancer et les atteintes
à une bonne et normale fécondation.
-[20]- Le marché des pesticides
F.VEILLERETTE donne p.17 &18 des chiffres sur le marché des pesticides.
La France est le troisième consommateur mondial (le double de l'Allemagne),
30% des 2,3 milliards de $ en 1999. La consommation de pesticides augmente légèrement
mais la toxicité des produits augmente elle aussi. Dans les pays de la
CEE, la France autorise 527 matières actives de pesticides (record CEE),
pour 526 à l'Espagne, 307 à la Belgique, 214 au Luxembourg
et pour seulement 133 dans le record du minimum cette fois en Finlande. Toujours
en France, dans le tonnage des matières actives de pesticides ±
50% sont des fongicides, ± 30% des herbicides et ± 10% des insecticides.
-[21]- Quand interdiction de consommer est driblé par la non interdiction
de vendre.
Mohamed Larbi BOUGUERRA 1986 cite, p. 551, la loi U.S. qui autorise l'exportation
de pesticides interdit sur le territoire des Etats-Unis d'Amérique.
Il s'agit de l'article 17a de la loi régissant les pesticides
(FIFRA) «
ne s'applique à aucun pesticide ou appareil
destiné à être exporté ». F.VEILLERETTE donne
p.95 le chiffre (de l'O.M.S.) d'un million par an d'intoxications
et 20.000 cas mortels, principalement dans les pays pauvres et du aux manque de
précautions d'emploi.
-[22]- David WEIR & Mark SCHAPIRO. Lire le chapitre consacré à
l'effet Bommerang, p.35 à 38. C'est dans une tranche de 10 à20
% d'échantillons analysés contenant des résidus au dessus
de la norme qui étaient importés aux Etats-Unis dans la fin des
années 1970
-[23]- La vie des racines du blé/froment
La vie microbienne autour des racines permet de transférer l'aliment
à la plante. Si on tue la vie du sol, la rhizosphère comme on l'appelle
ne peut plus jouer son rôle. Sachez qu'un pied de blé/froment
peut compter 67.200 racines, une fois parvenu à maturité. Ce qui
mis bout à bout fait 600 mètres (B.BOULARD,p.37) Ce que nous verrons
plus loin.
-[24]- Les plantes malades des pesticides
Francis CHABOUSSOU, passe en revue un des premiers constats des effets des pesticides
sur la croissance des plantes cultivées et notamment le froment. Il observe
que les herbicides sont responsable de l'inhibition de la protéosynthèse
(p.140) et favorise les maladies fongiques (p.26 & 125). Malheureusement aucun
crédit de recherche ne sera accordé à la poursuite du travail
de ce chercheur.
-[25]- La poudre de pyrèthe (dite parfois poudre de persane) les extraits
de roténone, le meen, la bouillie bordelaise sont autorisés en agriculture
biologique parce que non rémanents
-[26]- Les différents premiers pesticides
Le DDT, premier insecticide sera commercialisé à partir de 1943,
le premier herbicide, le Paraquat à partir de 1964 et le premier fongicide,
le Benlate DF ou Benomyl à partir de 1970. Les raccourcisseurs de tige
et agent hybridant datent des années 1980.
-[27]- L'analyse des résidus de pesticides
F. VEILLERETTE, p.33, qui donne un tableau faisant le bilan des analyses de résidus
de traitements sur légumes, fruits et céréales en 1999 émanant
de l'organisme officiel français (la DGCCRF). Ce sont les fruits qui
ont le plus d'échantillons avec résidus détectés(±
60%), puis les céréales(± 50%), ensuite les légumes(±
45%). Les dépassements de doses de résidus autorisés (LMR)
concernent d'abord les légumes (± 10%), les fruits (±
5%) puis les céréales (± 1%). F.FLEURAT-LESSARD, cite p.6,
le chiffre de 0,5% de prélèvements qui dépasserait la LMR
(Limite Minimale Réglementaire) sur froment en 2.000. L'enquête
allemande en notre possession relève 2% d'échantillons dépassant
la LMR, voir OCKER, p.76.
-[28]- L'action d' insecticides, ex. : le Gaucho
Le produit Gaucho contenant la matière active imidaclopride commercialisé
par Bayer puis un produit proche dénommé Régent contenant
la matière active fipronil commercialisé par Aventis (Rhone-Poulenc)
font l'actualité en ce début XXIsiècle. Des pertes importantes
d'abeilles travailleuses dans les ruchers (1/4) ont été recensés.
Les apiculteurs français se battent depuis 1996 contre Bayer suite à
la destruction de 450.000 ruches. En 1999, le ministre Galvany (F) a interdit
le traitement de Gaucho sur la seule culture du tournesol. Pas sur la culture
du maïs (ce qui rapporte 40 millions d'€ à la firme). Mis
en causela rénanence (durée d'action) qui ne serait pas de
45 à 60 jours, comme l'indique le dossier d'agrégation,
mais durerait 2 ans.
-[29]- D. SOLTNER, p.102 donne les trois expressions techniques suivantes désherbages
pré-levée, anti-graminées et antidicotylédones.
-[30]- L'action d'herbicides, ex. : le Roundup
Le Roundup, nom du produit commercial contenant la matière active, glyphosate,
commercialisé par Monsanto (la _ du résultat net de la firme) est
devenu toujours plus célèbre grâce aux plantes génétiquement
modifiées (O.G.M.) pour être plus résistantes à ce
produit. Les semences de soya, colza et maïs ont été modifiées
dans ce sens. Le froment également, mais sa commercialisation n'a
pas encore commencé (voir ch.III.13.). D'aucuns le considérait
comme biodégradable et respectueux de l'environnement suivant la lecture
de sa publicité. En juin 1997, la firme devra retirer ses affirmations
suite à des enquêtes montrant qu'il était aux Etats-Unis,
la troisième cause de maladies liées aux pesticides parmi les agriculteurs.
En France, il vient en tête des herbicides recensés dans les analyses,
on le trouve dans 80% des analyses où on le recherche. Car il faut savoir,
au départ de l'analyse, quelle molécule (ou métabolite
de celle-ci lorsqu'il sont connu), l'on veut rechercher parmi les 759
substances autorisées rien que dans la CEE (voir F. VEILLERETTE, p.144
& 145 et J. MENDELSON, p.32, et Brian TOKAR, p. 26,
-[31]- La nature défendue
aux fruits ?
C'est en effet l'arboriculture qui utilise le plus cette espèce
de pesticides. Pour éviter une floraison trop précoce menacée
par le gel, pour favoriser la maturation, pour réduire la rugosité
des fruits, pour raccourcir les rameaux, pour éviter la chute prématurée
de l'arbre.
-[32]- Ne verse pas comme ça !
L'accident de culture céréalière dit la verse est le
fait que les céréales sont couchées (et non droites) sur
le champ et qui de la sorte, peuvent être perdues si elles germes sur le
champ. La verse physiologique se distincte de la verse due à des maladies
dites piétin-verse ou piétin-échaudage occasionnées
par le parasitage des moisissures dans les racines. Voir aussi ch.III.9 qui décrit
le travail fait au niveau génétique pour diminuer la hauteur des
pailles et l'effet physiologique présenti.
-[33]- L'action des racourcisseurs de tige,
ex.; le C.C.C.
Jörg BRÜGGEMANN & Hans-Dieter OCKER décrivent, p. 83 à
93.l'incidence du traitement des raccourcisseurs de tiges. En termes de résidus,
il donne 0,5 mg. sur grain (p. 87). Mais comme aucune limite en teneur de résidus
n'est fixée par le législateur français sur céréales,
il nous est difficile d'apporter un point critique. En Allemagne la LMR (toleranz
en D) est de 3 mg. sur froment et 5 mg sur seigle (p.86). Dans les récoltes
de 1981 à 1984, souvent le tiers des échantillons analysés
contient des résidus. Près de 0,05 mg.,en moyenne où parfois
une pointe exceptionnelle de 1,14 mg. apparaît dans la fourchette des échantillons
analysés qui se situe plutôt vers 0,1/0,2 mg (p. 88 & 89). Un
résultat inattendu apparaît lors de l'analyse des pains. Où
les pains en direct à la levure voit la teneur en résidus diminuée
de _ , tandis que les pains fermentés au levain voit la teneur en résidus
de CCC diminuée de _ (p.90).
-[34]- Les maladies cryptogamiques des céréales
Les maladies dites « charbon » dues aux moisissures Ustilagos, les
fusarium nivale et roseum occasionnant les fusarioses, la rouille, maladie occasionné
par les puccinias et d'autres (oïdium, septorioses, helminthosporiose,
rhyncosporiose, rhizoctone et jaunisse nanisante) sans oublier le trop célèbre
« ergot de seigle » Voir D.SOLTNER, p.63 & 64 et chapitre V.
-[35]- L'action d'un fongicide, ex. : le benomyl
Un accident ou est impliqué la matière active Benlate DF ou Benomyl
des fongicides du même nom de la firme Du Pont de Nemours l'accuse
d'occasionner une naissance sans yeux ( en 1990 en Floride) par contamination
au sein de l'utérus. Voir M.L.BOUGUERRA, 1997, p. 28
-[36]- Après les chlorés, voici les phosphorés
Malgré l'interdiction française en 1970 des organo-chlorés
(famille chimique de matières actives de pesticides) et notamment du H.C.H.,
certaines matières actives comme le Lindane restera autorisé. Comme
il avait l'avantage de ne pas communiquer un goût désagréable
aux denrées traitées, contrairement au H.C.H., ce fut une des raisons
pour lequel le Lindane restera autorisé encore un certain temps après
les autres matières actives organo-chlorées, voir A.ROIG, p.287.
Aujourd'hui c'est les organo-phosphorés (matières actives
; pyrimithos-méthyl, chlorpyrifos-méthyl, « qui sont le plus
largement utilisés en France , hors circuit export (sic) », voir
F.FLEURAT-LESSARD, p.16. F.VEILLERETTE, p.34, recense en plus dans les analyses
de résidus sur céréales, les matières actives suivantes
; deltamethrine (plus persistant), le dichlorvos (pour des actions chocs), le
malathion et le pipéronide-butoxil (appliqué souvent en association
avec d'autres pour augmenter leurs actions). Les études allemandes
d' OCKER, p.76, ajoute le bromophos, le diazinon,le dicloran, le propicanazol,
le vinclozolin et l'isenfos. Ce dernier dépassant la LMR en 1989,
2 fois sur 108 échantillons.
-[37]- Les métabolites
Les métabolites sont les produits de dégradation de la molécule
de la matière active. Le professeur H. GOUNELLE DE PONTANEL & D. .PRANDINI-JARRE
écrivent ,p. 189 à la fin des années 1970 «La panification
détruit une bonne partie de ces résidus. Cependant le schéma
de dégradation n'est pas connu et notre ignorance concernant les métabolites,
leur toxicité, leur allerginicité nécessite notre vigilance»
. F.FLEURAT-LESSARD écrit p.8, que lorsque les métabolites de l'insecticide
garde une toxicité, ils sont pris en compte dans le calcul du résidus.
En général, les métabolites sont moins actifs.
-[38]- Il est completement prudent de contrôler
F.FLEURAT-LESSARD signale p. 11 que les teneurs relevées dans les remoulages(
son remis à moudre) et la farine de brosse dépassent dans tous les
cas (de l'expérience) la LMR. Plus loin, p.13, « le son joue
le rôle de matrice protectrice contre la métabolisation et la pénétration
de la matière active. Il ne faut pas minimiser les risques de dépassement
de LMR pour des molécules de dégradation lente, en particulier pour
le pain complet. C'est ce que confirme l'article du quotidien Le Parisien
du 7 octobre 2.002, Des pesticides dans le pain complet, qui signalait suite à
une enquête de l'INSERM, la présence de la matière active
Malathion à faible dose. Le pain blanc conventionnel et le pain complet
n'en contenant pas.
-[39]- Quand la pollution généralisée est plus décelée
par la méthode biologique
OCKER, p.77 &78 a comparer de 1981 à 1984, les céréales
issues du conventionnel et celles issues d'agriculteurs se revendiquant du
bio. Malheureusement le schéma ne montre que les fréquences de détection,
pas le niveau des résidus Actuellement, il sont souvent inférieur
en Agri.bio. dans les analyses. Ici, ceux de l'Agri.. bio voyait plus souvent
des organochlorés recensés que les conventionnels. C'était
10 ans après l'interdiction des organochlorés et 10 ans avant
les contrôles officiels sur l'agriculture biologique. Mais ne prenez
cela comme un acquit de conscience. Ce n'est certainement la volonté
de ne pas polluer qu'il faut condamner pour la cause.
