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Lettre ouverte aux présidents de syndicats départementaux

L'actualité autour de la boulangerie pâtisserie.
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Alain
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Lettre ouverte aux présidents de syndicats départementaux

Message par Alain » jeudi 06 oct. 2016, 19:12

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... , et aux artisans boulangers de France
Madame, Monsieur, chers collègues et amis (e),
Nous revenons vers vous afin d’achever pour notre part un travail de sensibilisation entrepris il y a maintenant quelques années (depuis 2010).
Le président confédéral s’est sans aucun doute félicité d’avoir remporté le procès en appel suite au recours du président de l’Allier sur les dernières élections confédérales de 2012.
Tout d’abord qu’il nous soit permis de vous dire que c’est le président de l’Allier qui a décidé de ne pas aller en cassation, malgré les conseils et recommandations de ses avocats qui estimaient qu’il y avait une motivation juridique réelle et très sérieuse…
Cette décision du président de l’Allier a été validée par l’assemblée générale de l’Allier en décembre 2015 sur demande de son président.
Pour ceux qui étaient dans les instances confédérales en 2010 2012, vous savez tous et toutes que le point de départ de ce contentieux est le fait que 150 entreprises sur le Puy de Dôme et l’Allier entre autres… était ou risquaient d’être assignées devant les tribunaux par AG2R. Nous demandions à l’époque au président confédéral une solution amiable afin que toutes les entreprises rejoignent l’AG2R sans pénalités… Cette demande avait un seul objectif, mettre un terme à tous les conflits engagés sans nuire sur le fonds aux engagements pris. Hélas la radicalité du président confédéral a coupé court à cette possibilité…

Au regard des dernières décisions du conseil constitutionnel en 2014, du conseil d’état de cet été 2016 qui valident la décision de la juridiction européenne qui allait dans le sens que réclamaient nos chefs d’entreprises, nous estimons pour notre part que le dossier est clos.
Les procès en cours arrivant en fin d’année 2016 devant les tribunaux, vont être impactés par la décision du conseil d’état, la suite de ces dossiers devraient être favorable aux défendeurs c'est-à-dire aux entreprises assignées. Ce contentieux est donc clos par le président de l’Allier et à l’époque président de la région Auvergne de la façon la plus « propre » qui soit en respectant le mandat originel des entreprises syndiquées. Ce fut un combat noble, estimable, dont la force morale est éminemment respectable.

Maintenant, que va-t-il se passer ? Le fait est, que la décision du conseil d’état en dernier ressort va avoir des conséquences sur l’avenir de la mutuelle AG2R. Quel dommage qu’un minimum de bon sens n’est pas prévalu, cela aurait permis d’éviter tous ces conflits dramatiques, mais légitimes pour les entreprises en concernées.
Si le président confédéral avait été moins rigide et obtus, la cohésion sociale et syndicale en aurait été renforcée, au lieu de cela, c’est la division et l’affaiblissement de la profession et de notre confédération qui s’est durablement installée. Perte de confiance est d’adhésion auront été la marque de fabrique d’un président a jamais désavoué !!! Quel véritable malheur pour un métier o combien estimé…

Depuis bien longtemps dans une vie professionnelle et personnelle il faut comprendre qu’il y a au moins trois façons de se comporter :
-Laisser faire et aller dans le sens du courant en « godillots » même si celui-ci va dans le mur afin de ne froisser personne, malheureusement c’est très courant dans notre société…
-S’impliquer par ambition, voilée voir cachée, ce qui implique de ne jamais contrarier le chef, même si celui-ci est dans l’erreur et se dire que le « système » corrigera ses travers…tout en vous permettant de prendre l’ascenseur de la prise de fonctions et de responsabilités… (Intérêt personnel avant intérêt général)
-Se débarrasser de toute ambition personnelle, être dans la minorité agissante dûment mandatée sur le terrain des entreprises. Défendre et utiliser son libre arbitre au service de l’intérêt général et s’en servir à des fins régaliennes d’intérêt social, économique et politique. (Etre un faiseur apporteur de solutions » et non un « constateur bon diseur stérile… »)
C’est incontestablement ce troisième type de conduite que le représentant de l’Allier et de la région Auvergne s’est attaché à toujours respecter, quitte à en subir des conséquences dommageables d’un président confédéral bulldozer, et parce qu’il y a des principes sur lesquels on ne tergiverse pas. Face à une force destructrice, il est indispensable et vital qu’il y est en face une force morale bienfaisante et agissante qui sensibilise aux dérives mortelles à terme pour notre secteur…
Le combat mené sur le terrain de l’intérêt supérieur de nos entreprises au-delà des dossiers sensibles qu’ont constitué la mutuelle AG2R/ABELA, le dossier juridique des élections confédérales, le dossier APBA coupe du monde de la boulangerie entre autres… n’est que le révélateur de la façon d’agir d’un président confédéral autoritaire et partial.
Vouloir museler un président de syndicat départemental, de syndicat régional, ou d’association nationale légitime, soutenu par le terrain à l’unanimité est un acte d’une violence antidémocratique rarement inégalée.

Le drame de cette situation et de ce comportement d’un président confédéral obsolète, ce sont les conséquences pour notre secteur économique qui sont dramatiques.

Si le courage veut que le comportement du président confédéral dans de nombreux dossiers soit contesté, en aucun cas il ne s’agit d’être contre la confédération, bien au contraire, nous savons tous et toutes que nous avons besoin d’une confédération forte afin de défendre nos entreprises dans un monde législatif et concurrentiel de plus en plus dur .
Mais enfin compte tenu de la situation de notre métier en matière économique, il devient impératif de demander des comptes et un droit d’inventaire à un président qui a géré la confédération pendant près de 20 ans… Car le bilan est désastreux !!!
-Pertes de parts de marché en boulangerie de près de 70% il y a vingt ans, nous sommes aujourd’hui à moins de 50% de parts de marché !!! Plus de 20 points de parts de marché si l’on tient compte des chaines qui se multiplient…détenues souvent par des actionnaires meuniers !!!
-Nous venons de perdre ces derniers temps sans réagir 20 g de consommation de pain par habitant et par jour, alors que l’innovation en matière de nutrition santé n’a jamais été aussi forte… (Le président ne bouge pas de peur de perdre les financements des lobbys…, ce faisant il sacrifie nos entreprises sur le terrain))
-Le nombre d’emplois en CDI sur la même période s’est effondré !!!
-La valeur de nos fonds de commerce s’est dégradée, et la pente s’accélère avec brutalité… à tel point que beaucoup de boulangers ne retrouveront pas leur capital à la sortie …
- Notre secteur cité en exemple il y a 20 ans par les banquiers, est à l’heure actuelle estimé comme un secteur sinistré et à risques par le monde bancaire, conséquence les financements en cas de cession deviennent très difficiles …
-Globalement le niveau de recrutement en apprentissage, malgré quelques exceptions devient une catastrophe…
-Qu’a fait le président confédéral, par ailleurs président de la CGAD, président de l’UPA (entres autres) et donc aussi partenaire social pour lutter contre le millefeuille administratif et législatif qui s’est considérablement alourdi ces dernières années, juste deux exemples dernièrement la pénibilité, la méthode prélèvement fiscal à la source par nos entreprises, véritable usine à gaz…
-Ce qu’il convient d’appeler le sabordage de nos fonds d’assurance formation, suite à des manquements graves et illégaux de gestion. En la matière et pour ne citer qu’un exemple la palme revient sans doute à la perte considérable d’argent à l’INBP au Brésil et ailleurs… Combien de présidents ont appris après coups ces faits gravissimes… sans parler de l’aura de notre institut atteinte à jamais… Cette situation est due au président confédéral et non pas forcement directement aux gestionnaires sur le terrain… Chacun connait la façon dont le président confédéral donne les ordres…utilise les éléments à des fins de politique et de stratégie personnelle… Mouiller les cadres afin de mieux les tenir et les manipuler est une méthode vieille comme le monde… Pour l’intérêt de nos entreprises et notre secteur économique il est temps de revenir à des pratiques plus saines.
Enfin pour finir car la liste serait trop longue, le dossier emblématique de la mutuelle AG2R.
Encore une fois la quasi-totalité des artisans se retrouvent sur l’idée que c’était sur le principe une avancée sociale. Ce qui a été contesté c’est la façon dont le président de la confédération a mis en œuvre ce dossier. Effectivement quel sens peut-on donner à ce dossier aujourd’hui ? Avoir trainé en justice des centaines d’artisans honnêtes droit dans ses bottes, sans jamais avoir ouvert la porte au dialogue, pour finir désavoué successivement par la cour européenne, le conseil constitutionnel, puis dernièrement le conseil d’état… quel gâchis !!! Que de relations entre hommes et femmes abimées !!! Souvenons-nous que lors de la manifestation à l’ISICA certains dont le président de l’Allier et de l’Auvergne avaient demandé simplement un petit aménagement afin de réconcilier la famille boulangère, du bon sens tout simplement… au lieu de cela l’intransigeance et le refus d’ouvrir le dialogue risque aujourd’hui de se traduire par un affaiblissement de notre accord financier avec AG2R…

Il n’est pas bon de se complaire dans la critique à charge, mais enfin nous sommes bien en peine pour donner un ou deux exemples en vingt ans de dossier ou les entreprises sur le terrain ont vus concrètement arriver à elles des avancées positives…

Nous sommes en pleine période d’élections aux chambres des métiers, nous rencontrons souvent la famille professionnelle de l’UPA, Cette famille naturelle de l’artisanat s’interroge sur le terrain, en effet elle voit en ce moment des cadres sérieux et compétents partir sur les listes de la CGPME et de la FFB… De très nombreux « meilleurs ouvriers de France » mais aussi de nombreux présidents de syndicats boulangers départementaux font de même…. Ceci pose des questions fondamentales, comment se fait ‘il que des hommes et des femmes issus de l’excellence artisanale ne se trouvent plus dans les orientations de leur famille naturelle !!! Pire comment se fait ‘il que ces cadres dont la valeur est incontestable soient rejetés par l’UPA leur famille naturelle !!!

Cette situation est imputable à celui qui depuis 20 ans est à la tête de notre secteur d’activité. Sachons bien chers collègues et confrères que par les temps difficiles que nous vivons tous, une famille qui rejette une partie de ses membres qui plus est les plus engagés et crédibles est une famille condamnée à termes…

OUI avec de très nombreux artisans chefs d’entreprises nous demandons des comptes et un droit d’inventaire à l’encontre d’un président national dans tous les mandats qu’il a occupés !!!
Seul un état des lieux sincère, peut permettre un redressement de notre secteur d’activité par la mise en œuvre de solutions appropriées.


Vive la boulangerie artisanale Française

Bien à toutes et tous

Amandio PIMENTA
Maître Artisan boulanger pâtissier
Médaille d’argent de la confédération nationale de la boulangerie et pâtisserie Française
« un des meilleurs ouvriers de France »


Du fabrication maison & rien d'autre.
Ne vendre que ce que l'on est capable de manger soi même.

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Re: Lettre ouverte aux présidents de syndicats départementau

Message par lolo42 » jeudi 06 oct. 2016, 20:22

Monsieur Pimenta bonjour, vous avez raison sur certains points, en revanche croire que vous allez redresser le secteur de la boulangerie est à mon avis peine perdu.
Le monde à évolué et la boulangerie n'a pas été protégée, nos moulins, nos vendeurs de matériel et nos fournisseurs ont su se protéger.
Il est loin le temps des 40 euros de l'heure pour la réparation d'une machine par exemple, en revanche si nous prenons en compte le prix du pain ses deux dernières années il à baissé. Et oui les 3+1, 4+2, le marketing, etc n'aident pas à garder sa marge.
Le travail horaire d'un salarié n'est pas répercuté à sa juste valeur sur le produit et le problème est simplement là.
Prenons 10 salariés à 60 euros de l'heure, comme un garagiste pas cher, un électricien etc, cela représente 70 heures sur une journée soit 4200 HT euros que nous devrions avoir en caisse.
A cela vous rajoutez la marge produit, environ 30 pour cent pour le garagiste, le plombier, etc.

Connaissez vous une boulangerie qui fait plus de 4200 euros HT par jour pour 10 salariés sans compter l'achat de la matière première, moi pas.
Je ne compte pas les dimanches, jours fériés, heures de nuits, ou le pain n'est pas plus cher le matin à l'ouverture. Essayer de faire travailler un électricien la nuit chez vous pour le même prix, il ne sera pas d'accord.

Certes le président à sa part de responsabilité et peut être devra t'il en rendre compte un jour, mais le problème est bien plus profond et plus complexe que vous le pensez. Les réformes se feront que si les consommateurs sont prêts à payer plus cher, pour que leur boulanger du coin de la rue devienne une entreprise à part entière.

Quand nos résultats permettront de mieux rémunérer, de mieux former, et d'apporter de meilleurs conditions de travail à nos salariés, c'est à ce moment là que nous auront des gens qui se bousculeront à nos portes. Est ce normal ou pas, là n'ai pas la question, c'est le monde actuel.

En revanche, il est toujours plaisant de voir un homme qui se bat pour ses convictions, et j’espère quand même que certaines choses évolueront.

Cdt

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